L’écoute comme moteur
Le parcours de Whitney est un chemin de résilience à plus d’un titre. Arrivée dans le Sud en 2017, cette hyperactive est aujourd’hui à la tête de quatre centres auditifs Sonance.
« Ma mère était infirmière et mon père informaticien, alors cela semble proche de ce que je fais », raconte Whitney Amouyal avec humour. Car oui, l’audioprothèse implique à la fois des relations humaines et des connaissances techniques pour régler les appareils auditifs par ordinateur.
L’histoire de cette trentenaire a de quoi motiver celles qui doutent, comme en témoignent ses débuts en tant qu’étudiante. Après deux premières années de médecine, où elle n’obtient pas les résultats escomptés au concours, elle découvre le métier d’audioprothésiste lors d’une réunion d’information sur les professions paramédicales. « Je suis allée voir un professionnel en exercice et ça a été une révélation. C’est d’ailleurs auprès de lui que j’ai commencé ensuite dans la profession. Mais il a d’abord fallu passer les concours, apprendre beaucoup, et j’ai fini major de deux concours d’entrée en école d’audioprothésiste. J’ai choisi celle de Lyon, ma ville de naissance. »
En étroite relation avec le milieu médical
« Quand je suis arrivée sur la Côte d’Azur avec mes deux enfants, je venais de passer une année d’épreuves personnelles très fortes, mais j’y ai trouvé une motivation pour rebondir, construire l’avenir, chercher plus haut », poursuit la dirigeante avec émotion.
Un temps salariée, où elle ouvre des centres auditifs pour de grandes enseignes, Whitney constate que l’offre est faible sur Valbonne. Impossible de rater cette occasion et la voilà qui crée sa société AudioZe et ouvre son premier centre, pour promouvoir l’audition de A à Z, en 2019. « Je fais partie de la centrale d’achat Sonance Audition, qui compte 230 centres en France ; cela veut dire que nous sommes tous indépendants mais que nous achetons le matériel ensemble », détaille l’entrepreneuse. Après Valbonne, elle ouvre une seconde adresse à Grasse, une troisième à Saint-Vallier-de-Thiey et la petite dernière à Mandelieu-la-Napoule. Ce qui distingue aussi Whitney dans cette profession : elle intervient en tant que vacataire auprès du CHU Clavary de Grasse, où elle travaille en équipe de soins pluridisciplinaire.
Rassurer et lutter contre les préjugés
Avec 15 ans de métier, la Lyonnaise a des souvenirs plein la tête : « Il y a ce jeune homme de 19 ans, qui entendait mal depuis l’âge de 6 ans et qui n’avait jamais osé venir. Le jour où on a allumé l’appareil, il a regardé sa mère en lui disant “Maman, je t’entends”, et elle s’est mise à pleurer. Ces émotions-là, on les vit avec les familles ».
Quand les personnes âgées se coupent de leurs relations et activités par peur d’être confrontées à leur déficience, l’appareillage peut permettre de réentendre à nouveau la ville, les oiseaux, ses petits-enfants et les conversations croisées à table, de retrouver des activités de loisir comme la chorale et le cinéma. Si Whitney donne de son temps aujourd’hui en milieu associatif, c’est également parce qu’on lui a tendu la main : « On m’a appris à être audioprothésiste mais pas entrepreneur. Alors j’ai été accompagnée par le réseau Initiative, dont je suis vice-trésorière. Cela m’aide aussi beaucoup d’échanger au sein des FCE, car je dois manager mes équipes. Il faut avoir confiance en ses intuitions, se sentir légitime, mais on a fondamentalement besoin d’autrui sur ce chemin ».

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