Vision d’entrepreneur : Charles-César d’Amat

Et si le luxe de demain n’était plus ce que l’on montre, mais ce que l’on sait ?

Savoir d’où vient ce que l’on mange. Savoir qui l’a produit. Savoir comment il a été cultivé. Savoir ce que notre argent contribue à faire grandir.

Pour Charles-César d’Amat, les codes du luxe sont en train de changer. Président du Groupe d’Amat, il s’est imposé parmi les grands business angels français engagés dans les start-up à impact. Sa holding, fondée en 2015, est aujourd’hui reconnue comme l’un des 80 Family Offices à Impact en Europe, et l’un des 30 en France. Après un important cash-out en 2019, il fait un choix radical : réinvestir dans l’impact, en France, pour la France. Il défend une conviction simple : ce qui paraît marginal aujourd’hui sera la norme de demain.

Sa meilleure démonstration ne se trouve pourtant pas dans un portefeuille d’investissements, mais en Provence.

En 2020, il fait le pari de planter de la pistache verte gastronomique au Domaine du Clos Devançon, à Gréoux-les-Bains. Un projet que les banques ne souhaitent pas financer. Il décide alors d’investir seul, pendant sept ans, sans aucune garantie que les arbres produiront un jour.

Aujourd’hui, les chefs étoilés se disputent cette production, déjà réservée avant même d’avoir réellement démarré. « On a perdu la bataille des prix, on a perdu la bataille des quantités. On gagnera la guerre de la qualité. » Cette phrase résume sa manière d’entreprendre : anticiper, s’adapter et privilégier la qualité plutôt que la course au volume.

Mais derrière la pistache se dessine une vision beaucoup plus large.

Pour Charles-César d’Amat, le véritable luxe est désormais dans la simplicité, l’éthique, la durabilité et surtout la traçabilité. Une vision qu’il applique aussi à l’alimentation, avec La Halle des Chefs, dont il est copropriétaire, qui approvisionne les cuisines de la Côte d’Azur en produits frais, locaux et de saison, en circuit court.

Et elle s’étend jusqu’à l’épargne. L’argent n’est qu’un moyen. La question n’est donc plus seulement : combien mon épargne va-t-elle rapporter ? Mais : que va-t-elle contribuer à construire ?

Investir dans une entreprise plutôt que laisser son argent dormir. Soutenir des modèles qui anticipent les transformations climatiques, agricoles ou économiques. Réfléchir à dix ou quinze ans plutôt qu’à trois mois. Pour lui, c’est aussi cela, l’impact : transformer son épargne en levier d’action. Sa boussole tient en trois mots : éthique, durable, rentable.

Cette même exigence de cohérence, il l’étend jusqu’à ce qu’il transmettra. Pour Charles-César d’Amat, la transmission patrimoniale ne devrait plus se limiter à un transfert privé entre générations : c’est aussi, selon lui, un sujet d’intérêt général, capable de produire des résultats concrets bien au-delà du seul cercle familial. Il pense notamment aux fonds de dotation, où les revenus générés financent des projets choisis pour leur utilité plutôt que pour leur seul rendement, et où les héritiers eux-mêmes sont formés à en assurer la continuité.

Une même conviction traverse finalement tout son parcours, de la pistache à l’épargne, du luxe à la transmission : il ne suffit plus de regarder le monde changer. Il faut commencer à construire celui qui vient.

 

Fondées en 1987, Les Éditions COTE sont le fruit d’une aventure familiale qui dure depuis plus de 39 ans. Les magazines, dédiés à l’art de vivre et au luxe en Provence et sur la Côte d’Azur, mettent en avant le territoire et les acteurs de notre belle région.