Porter l’ombre, viser la lumière
Victoria Sanguinetti fait partie de celles qui construisent sans bruit, mais avec une détermination rare. À 22 ans, étudiante à KEDGE Marseille, elle imagine Van Palma dans le cadre d’un simple projet d’école. Une création fictive, censée rester sur le papier. Elle lance un compte Instagram, shoote quelques prototypes… et se fait rapidement repérer par des boutiques marseillaises prêtes à revendre sa marque. Elle n’a alors ni argent ni investisseur, mais une idée très claire : faire peu, mais faire juste.
Pour elle, le premium n’est pas une option : feutrine de laine mérinos, savoir-faire français non négociable, artisans choisis avec soin depuis le premier jour et bijoux en plaqué or. Même exigence pour l’été : impossible d’appeler un chapeau «panama» sans qu’il soit tressé en Équateur. Elle travaille alors avec une association de femmes sur place. Dès le départ, sa signature réside dans la personnalisation. « Broder un chapeau, il y a 10 ans, cela n’existait pas ». Les premières pièces sont réalisées à la main, par elle, sur les machines de Belibrod, l’atelier textile fondé par ses parents. C’est là que va naître le perroquet iconique de Van Palma.
La croisée des chemins
Dix ans plus tard, Victoria a bâti une marque distribuée dans plus de 350 boutiques, de Paris à Los Angeles en faisant grande halte à New York. Mais son accomplissement ne s’arrête pas là. Mi-2024, elle rachète Belissa et Belibrod, les sociétés fondées par ses parents dont elle partageait déjà les locaux. Un choix fort, assumé. Pas un héritage, une reprise. Née en 1987, Belissa propose depuis près de 40 ans aux professionnels de santé, des collections pensées pour créer l’unité du personnel avec pep’s. Belibrod, de son côté, accompagne des acteurs emblématiques du territoire, de Sessùn au Cercle des Nageurs, jusqu’à L’Occitane en Provence, dans leurs différents projets de personnalisation et marquage haut-de-gamme. Pour Victoria, reprendre ces deux sociétés, c’était une évidence, la préservation d’un savoir-faire, le maintien du lien au sein d’une équipe fidèle, dont certains éléments ont vu ses premiers pas d’enfant, devenir démarche assurée d’entrepreneuse. En 2026, l’ambitieuse marseillaise entend pérenniser la synergie qui relie les trois maisons qu’elle dirige désormais seule, sous le regard bienveillant de ses parents. À 33 ans, Victoria ne coche pas des cases. Elle trace un chemin.
Et sans forcément le savoir, elle devient l’icône d’une génération qui entreprend avec sens.
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