Il y a une ruse que connaissent les habitués des Rencontres d’Arles : venir en septembre. La chaleur a desserré son étreinte, sans pour autant renoncer à ces après-midis où l’on s’attarde en terrasse, verre de rosé à la main, devant les façades ocre du centre historique. Car dans cette ville où la plupart des lieux d’exposition ignorent superbement la climatisation, patienter jusqu’aux premiers frissons de la rentrée relève moins du choix que de l’instinct de survie. Bonus non négligeable : la foule des mois de juillet-août s’est dispersée, laissant enfin la place de contempler les œuvres sans jouer des coudes.
3 expositions à ne manquer sous aucun prétexte cette année. Nous ne sommes pas seuls d’abord, qui interroge notre rapport au vivant et à l’altérité avec une acuité troublante. Puis le regard de Martine Barrat, photographe et cinéaste au parcours singulier, dont l’œil s’est posé sur les marges avec une tendresse rare. Enfin Harry Gruyaert, maître du travelling urbain, dont chaque cliché semble une leçon de peinture déguisée en instantané.
Entre deux expositions, Arles se dévore aussi à table. Le Cochon qui fume mérite sa réputation d’excellent restaurant corse — à condition de garder l’œil ouvert sur l’addition quand il s’agit des bouteilles d’eau minérale facturées… 7€ ! Ailleurs, le restaurant Chardon séduit par sa cuisine sincère, tandis que le glacier Plage Plage clôt idéalement la journée d’une note sucrée, les pieds presque dans le Rhône.
Côté shopping, la librairie éphémère Louis Vuitton s’installe le temps du festival avec une sélection pointue, au cœur de la cave et bar à vin qui elle siège toute l’année au 3 rue du Président Wilson, Le Buste et l’Oreille. Et pour repartir les mains pleines, la petite boutique Octo mise sur l’olfactif et une mode habillée d’accessoires choisis avec soin.
Pour prolonger la parenthèse, l’Arlatan offre une chute toute trouvée. Né d’un ancien palais du XVe siècle réinventé par l’artiste Jorge Pardo, cet hôtel-caméléon égrène ses trente-huit chambres et suites comme autant de petits mondes où mosaïques éclatantes, patios ombragés et vestiges archéologiques dialoguent avec un art contemporain assumé. On y croise autant de conversations passionnées autour de la piscine que dans les salons voûtés. Une adresse qui prolonge, jusque dans la nuit, cette même ivresse créative qui souffle sur la ville en septembre.

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