Stade Orange Vélodrome

 
 3 Architecte mandataire SCAU architectes
Un cirque organisé pour accueillir 67 000 supporters en liesse. Y’a du bruit. (Architecte mandataire SCAU architectes. Architecte associé Didier Rogeon.)

Cette gigantesque réalisation qui ferait pâlir d’envie les valeureux gladiateurs des cirques romains permet d’accueillir jusqu’à 67 000 spectateurs. Ce qui en fait, dans une ola frénétique, notre fierté, notre grandeur, notre emblème.

 

Une fois n’est pas coutume. Parlons football ! Non pas des mercatos et de la surenchère indécente des salaires des joueurs, ni des rixes récurrentes entre supporters de l’OM et ceux du Paris-Saint-Germain… Non, tout cela n’est pas notre fait. Le stade d’un point de vue architectural, voilà notre affaire. Réalisé notamment par l’agence parisienne d’architecture SCAU à laquelle on doit également le Stade de France, le Grand Louvre et l’hôpital Georges Pompidou, ce vaste chantier de rénovation réalisé en trois ans (2011-2014) consistait à augmenter la capacité d’accueil dans l’arène, certes, mais surtout à imaginer une couverture intégrale des gradins et tribunes constituée d’une peau lisse translucide tendue sur une résille structurelle monumentale qui semble en suspension entre terre et ciel. Spectaculaire vue d’avion. Sans oublier l’héliport et les nombreux espaces de réception pour fêter les victoires et féliciter l’entraîneur. Ici, tout a été pensé pour se mettre à l’abri en cas de mistral très fort, de tornades, de jets de canettes, etc. Avec sa nouvelle peau presque aussi opaque que les affaires qui collent à ce sport comme des crampons de rugby, le stade arbore fièrement depuis 2016 sa nouvelle couleur, orange. Enrubannée comme il se doit de bleu blanc rouge.

 

Du vélo au ballon rond
Pour la petite histoire, rappelons que cela fait exactement 80 ans que l’enceinte du boulevard Michelet est la « maison » officielle du club de football de l’Olympique de Marseille. Auparavant, les Olympiens se produisaient dans le vétuste stade de l’Huveaune. Mais alors, pourquoi cette appellation « Vélodrome », quand on mesure aujourd’hui encore l’indigence de la place accordée aux deux roues dans la cité phocéenne ? Tout simplement parce que c’est ici que se déroulaient jadis les compétitions cyclistes. Et puis, fort de l’engouement démesuré pour le ballon rond, les gradins ont peu à peu grignoté la piste cyclable qui bordait le terrain. Jusqu’à s’évaporer définitivement. Vous savez tout.

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