L’or du large
C’est à l’énergie solaire que voguent ses bateaux, à louer pour une escapade ou à acheter en kit pour les monter soi-même. Une innovation pour vivre la magie de la mer, au rythme de la contemplation.
L’aventure commence par une opportunité professionnelle : « Ma femme, qui est originaire du Sud et travaille dans la com’ a eu une proposition d’emploi », se souvient Guillaume Jacquet-Lagrèze, à l’époque ingénieur dans l’industrie automobile en région parisienne. Ni une ni deux, le couple fait le grand saut en s’installant sur la Côte d’Azur, et Guillaume se met alors en tête de créer son propre job, porté par une intuition : « Sans être un ayatollah vert, j’avais le goût de l’innovation. Je voyais que l’industrie automobile s’engageait dans l’électrique, alors j’ai d’abord pensé à faire de la location de bateaux à voile électriques ». Mais, au gré des rencontres, l’entrepreneur entre en contact avec une petite entreprise qui commercialise des bateaux solaires. C’est ainsi qu’après avoir acheté sa première unité, Guillaume inaugure son activité en 2015 sur le port de Beaulieu-sur-Mer. Devenu spécialiste du catamaran solaire sur toute la chaîne de valeur, SeaZen a parcouru plus de 14 000 km avec ses clients en tours privés et a imaginé en tant que constructeur-intégrateur un bateau solaire en kit.
Des tours du cap Ferrat avec guide-marin
Au départ, il a pourtant fallu gérer des flottements : « Les gens s’arrêtaient sur le port, je leur expliquais pendant une heure ce qu’était la navigation solaire, ils disaient que c’était l’avenir et puis là ils partaient. Il fallait trouver un business model qui marche. Alors j’ai créé les tours privés avec réservation en ligne et guide à bord pour une découverte touristique de la baie de Saint-Jean-Cap-Ferrat », se souvient le marin, qui promène touristes et futurs mariés. « Si j’ai pu me jeter à l’eau, c’est parce que mon épouse avait un job stable. On m’a dit que j’avais une gestion de père de famille, il est vrai que j’ai opté pour un réinvestissement systématique de mes bénéfices. Je n’ai pas voulu faire de levée de fonds car après on n’est plus maître à bord et, au premier coup dur, on peut tout perdre. »
Sans bruit et sans gaz d’échappement
Pour SeaZen, l’année 2019 a inauguré le lancement de franchises : « La parité fait partie de nos valeurs et nous sommes aux anges que ce soit Mylène Muller qui ait ouvert cette première franchise à Antibes Juan-les-Pins ». Ces caps une fois passés, il restait à devenir constructeur : « Notre savoir-faire c’est d’être résilients, très souples en somme. Nous n’avons pas de chantier naval contraignant, seulement des partenaires qui nous permettent de produire des coques, batteries, moteurs de façon industrialisée. Si le client est bricoleur, il peut assembler son catamaran en deux mois. » Un bateau en kit, l’idée est encore plus innovante que la navigation solaire ! Alors qu’il s’apprête à dévoiler sa 4e unité lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan à Nice, Guillaume Jacquet-Lagrèze ajoute : « Au départ j’essayais d’aller vite, puis j’ai compris que l’avantage de ce bateau c’était de pouvoir contempler calmement les fonds marins car il n’y a ni bruit de moteur, ni pollution en restant sur place ». Un changement de paradigme en somme car dès lors la beauté du voyage ne se savoure plus dans le fait de partir mais au contraire de prendre le temps de rester.
L’avis du jury
« En proposant un bateau à énergie solaire, que ce soit à la location ou en vente en kit, SeaZen fait partie des acteurs azuréens du tourisme durable. L’innovation est ici d’autant plus essentielle que nous sommes la deuxième région touristique après Paris. »
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