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Avec sa consœur parisienne Leslie Drouet, Sara Alfieri a décroché le prix « Extension de villa » au concours ArchiCOTE 2014 pour La Farigoulette, un mas traditionnel ouvert sur la modernité
Il y a des architectes dont on reconnaît immédiatement la signature, ce n’est pas mon cas », lance Sara Alfieri ! Pour cette professionnelle
tout droit venue d’Italie, l’idée n’est pas de marquer toutes ses réalisations de traits récurrents, mais plutôt d’aborder chaque nouveau projet sans a priori. Elle poursuit : « Le point de départ est toujours pour moi une rencontre. C’est la discussion, l’échange avec les maîtres d’ouvrage qui me conduit ensuite à une recherche spécifique, à la fois technique, esthétique et si possible poétique. » À son arrivée sur la Côte d’Azur, elle a d’abord appris à manier la langue française en même temps que les usages nationaux du métier au sein d’agences locales. C’est là qu’elle a relevé avec Palm Architects un défi de taille, celui de la rénovation du Cap Estel à Èze, connu pour avoir accueilli entre autres Georges Pompidou, les Beatles et Gina Lollobrigida. Après des mois de suivi de chantier, l’hôtel a dévoilé en 2004 son nouveau visage.
Interpréter les besoins
« Si les espaces communs ont été décorés dans un style néoclassique à la touche anglaise, chacune des suites a été personnalisée de façon originale. Cette absence de standardisation, allant du grand loft sans cloison à la pièce à double hauteur de plafond avec mezzanine, était l’un des principaux enjeux des travaux », détaille Sara Alfieri. Forte de cette expérience, elle a alors décidé de lancer sa propre agence. Partageant les bureaux de l’architecte Antonino Cascio, elle a réalisé avec lui dès 2008 la Villa Limoncello, une luxueuse demeure de 5 étages sur la Californie à Cannes. Faisant la part belle aux angles droits, elle s’anime autour de deux ailes symétriques qui semblent plonger vers les îles de Lérins d’un côté et le cap d’Antibes de l’autre. Ici, la piscine se prolonge du jardin vers l’intérieur de la maison, traversée aussi par un délicat escalier en verre aux fines tiges en inox. L’ensemble est lumineux, minimaliste, résolument contemporain.
Les couleurs se répondent
La Farigoulette, pour laquelle elle a remporté le concours ArchiCOTE, était à l’origine un mas provençal ancré au sol. « Les propriétaires aimaient la fraîcheur de ses murs épais et les vieux sols en terre cuite mais souffraient de l’humidité et du manque d’ouvertures », témoigne Sara Alfieri. Avec sa collègue Leslie Drouet, elle a donc pris le parti de conserver la superbe cave voûtée de la bâtisse pour en faire un salon et d’ouvrir la cuisine vers l’extérieur grâce à deux baies vitrées à galandage. À cette partie ancienne, les deux architectes ont ajouté une extension moderne, jouant sur les oppositions de matières entre les deux ailes. La maison traditionnelle aux enduits roses et volets verts trouve ainsi un écho dans ce volume léger en bois et en verre, qui s’élance sur deux niveaux. Souhaitant contribuer au « vivre ensemble » à plus grande échelle, Sara Alfieri répond également à des appels d’offres publics en équipe avec d’autres agences. Elle cite volontiers Renzo Piano : « L’architecture, c’est l’art de donner un abri aux activités humaines. » Un art qui s’illustre aussi particulièrement dans la ville.
Par Tanja Stojanov

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