Pierre-André Comte & Stéphane Vollenweider

Pierre-André Comte & Stéphane Vollenweider

 
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L’agence Comte & Vollenweider a remporté le concours ArchiCOTE 2013 pour la réalisation du Pôle d’aviation d’affaires Cannes-Mandelieu. Découverte de deux personnalités au tempérament sensible.

COTE : L’architecture a-t-elle été pour vous une vocation ?
Stéphane Vollenweider : Non, je pensais plutôt m’orienter vers une carrière dans la publicité, la mode ou la photographie. Mais suite à une visite à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille, je me suis dit : « Tiens, ça a l’air sympa ici, on doit bien s’amuser ! » La passion est venue plus tard, quand j’ai réalisé que ce métier touchait à la fois la sensibilité des gens, le domaine plastique et la technique. De plus, c’est une activité que l’on exerce de manière collégiale et c’est aussi ce qui m’intéresse.
Pierre-André Comte : Non plus. Ça ne vient pas des Lego® de mon enfance. Quand il a fallu faire un choix de formation, ce qui m’a plu, c’était l’aspect très diversifié de cette profession. Il y a une formation, mais ensuite mille façons de l’exercer et mille rencontres possibles, des maires aux chefs de chantier. C’est ce spectre humain très large et très diversifié qui m’a attiré.

 

COTE : La notion de rencontre est donc pour vous importante.
S. V. : Oui, elle est primordiale dans le cursus et dans la vie de l’architecte. Notre métier, c’est avant tout aller à la rencontre des autres. Cela vous aide à vous améliorer et à pousser plus loin vos recherches. Cela vous oriente et vous guide. On s’implique réellement dans la vie quotidienne des gens car l’acte de bâtir est un acte fortement politique. Nous n’aurions jamais pu imaginer faire seuls cette profession.

 

COTE : La création de votre agence en 2002 est justement née d’une rencontre.
P.-A. C. : Oui, de la nôtre ! Nous avons réussi à créer ensemble une entité idéologique plus que stratégique. Nous avons une même vision et un même langage sur les projets. Cette pensée architecturale commune crée un cercle vertueux par lequel nous rebondissons chacun sur l’idée de l’autre dans une logique constructive. Cette confiance totale exclut donc toute notion d’ego, si fréquente dans notre métier…

 

COTE : Peut-on parler d’une signature Comte & Vollenweider ?
S. V. : Si on peut définir une écriture, elle réside justement dans cette analyse commune de chaque projet afin d’apporter la réponse la plus juste possible en dehors de tout dogmatisme.
P.-A. C. : En effet, nous n’avons jamais de vision préconçue et cela ne nous intéresse pas de savoir à quoi le bâtiment va ressembler à la fin. Nous essayons vraiment de nous extraire de tout formatage. « On a une logique matériaux et on travaille le béton absolument. » Nous choisissons l’acier, le galva ou l’aluminium parce qu’il représente une réponse pertinente à la question posée comme, par exemple, le bois, pour la Cité artisanale de Valbonne, où les structures devaient être préfabriquées et l’aménagement intérieur, parce que livré sans finition, devait être chaleureux et exprimer une certaine qualité « à nu ».

 

COTE : Le travail sur le vide semble être un axe récurrent dans vos projets.
S. V. : C’est fondamental pour nous. Il y a des architectes qui définissent une masse ou des formes. Nous, au contraire, quand on travaille sur un projet, on ne cherche pas à construire de la matière. On se pose la question de ce qui va se passer autour, c’est-à-dire le vide généré sur la parcelle par notre bâtiment par rapport aux autres bâtiments, à la pente, à l’horizon… Par exemple, si l’on crée une masse soulevée – un porte-à-faux – ce n’est pas pour magnifier un exercice structurel mais parce que cela fabrique un vide entre le bâti et le sol.

 

COTE : Parlez-nous de votre actualité ?
S. V. : La plus brûlante concerne la livraison dans le 13e arrondissement à Paris d’un chantier de 180 logements. Un ensemble, cosigné avec l’agence Hamonic + Masson, basé sur deux archétypes de la hauteur, la tour et l’immeuble à gradins. Une partie sera en accession libre, l’autre en logements sociaux.

 

COTE : Ce projet, un des premiers à voir le jour depuis la nouvelle réglementation qui autorise des constructions de 50 m de haut dans Paris intra-muros, pose aussi question de la verticalité architecturale en centre-ville.
P.-A. C. : En effet, depuis 1974, le règlement d’urbanisme limitait la hauteur des bâtiments au gabarit des constructions haussmanniennes, c’est-à-dire 37 mètres. Aujourd’hui, Paris, comme d’autres capitales, pose la question de l’emprise du foncier. Les villes, à cause de différentes réglementations et l’envie, légitime, des habitants de bénéficier d’espaces extérieurs, se sont développées horizontalement avec des conséquences dramatiques : mitage du territoire, pollution générée par les transports, embouteillages à la périphérie… Aujourd’hui, il est urgent de repenser la ville et la notion de densité tout en apportant des réponses qui permettent de mieux vivre ensemble.

 

Par Alexandre Benoist

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