Peinture sur les motifs
Sa signature : PPP, pour Pascal Pinaud Peintre. Trois lettres qui symbolisent aussi toute une démarche. Car oui, ce qui appelle le regard de ce plasticien azuréen, c’est le réel dans tout ce qu’il a de plus direct, de trivial et de beau il faut le dire ! C’est donc dans le quotidien que Pinaud libère son regard, qu’il se laisse hameçonner par l’enseigne d’un bar-tabac, le brillant d’une carrosserie de bagnole ou les fils à l’envers d’une broderie de mémé. « Je n’étais pas programmé pour devenir artiste, on ne m’amenait pas voir d’expos étant gamin. Mais un prof en terminale a vu que je dessinais, alors j’ai fini aux Beaux-arts », ironise ce diplômé de la Villa Arson, représenté par la Galerie Catherine Issert. Pour faire connaissance avec les trouvailles de Pinaud, il faut prendre la direction du Narcissio à Nice. Là, derrière la boutique des Pépites qui regorge de créations artisanales, on découvre l’atelier de l’artiste et ses toiles à taille humaine – 1,75 m exactement. Pinaud se laisse saisir par les gestes, les couleurs et les formes qui croisent sa route, il les extirpe du quotidien, de leur utilité, pour réveiller le merveilleux du banal. « Je travaille par série. Par exemple dans Les Accidents, je pensais au peintre qui dépose plus ou moins bien ses couleurs sur la toile. Alors j’ai organisé des collisions entre le bleu, le rouge et le vert de chez Volvo, Renault, Citroën. Puis il y a eu Les Vandalismes, des rayures venant marquer au hasard la tôle rutilante », s’amuse l’artiste, qui a réalisé
37 séries à ce jour. Plutôt que d’aller peindre la montagne d’en face à la Cézanne, Pinaud chérit dans sa peinture les motifs des objets qui font la vie de tous les jours. « Mon fonds de commerce, ce sont les années soixante-dix », poursuit le plasticien, qui reprend les dessins d’une toile de Jouy ou d’assiettes de Delft quand il ne crée pas des œuvres avec une collection dingue de fèves de galette des rois. L’histoire de l’art de PPP, c’est celle de nos mères et nos pères, du temps en famille, une histoire populaire qui appartient à chacun.

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