Musée d’Histoire naturelle d’Aix-en-Provence

Musée d’Histoire naturelle d’Aix-en-Provence

 
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Et si notre futur se trouvait dans ces mondes oubliés ? L’avenir appartient aux poètes autant qu’à la science. Le vivant en devenir n’est-il pas déjà dans ce passé ?

 

Paléontologie, minéralogie du Crétacé, dinosaures du Campanien supérieur, vertébrés de la Préhistoire, cétacés, amphibiens… Ces étiquetages alambiqués, où l’on s’égare dans les ères et les espèces, ne sont pas sans rappeler nos manuels de lycées et collèges. Ils désignent en fait des trésors inestimables qui sommeillent dans les fonds des musées d’histoire naturelle. Ces institutions vénérables déchaînent des prurits de savoirs qui peuvent conduire tout droit un gamin trop studieux à l’Académie des Sciences et Lettres. Elles sont en fait les héritières des « cabinets de curiosités » qui apparaissent en Europe au XVIe et XVIIe siècle. Les fleurons de leurs collections, minérales, botaniques, animales et humaines, recueillis sur le territoire ou rapportés de pays lointains, divertissent alors autant qu’ils instruisent les princes et les savants. Au siècle des lumières, une approche plus rationnelle en fait un sujet d’enseignement pour le grand public.

Au XIXe siècle, les recherches foisonnent, et la générosité de donateurs facilite la création de lieux d’exposition et de conservation. Les chercheurs et les amateurs rivalisent pour la découverte de ces raretés qui sont autant de diamants ravis à l’oubli. Les collections aixoises se particularisent par leur richesse exceptionnelle en œufs de dinosaures, la montagne Sainte-Victoire se révélant être, il y a quelque 70 millions d’années, une sorte de « Club Med » particulièrement apprécié, pour ces promeneurs surdimensionnés. Les oiseaux, les insectes, les papillons, les reptiles, les mammifères terrestres et marins y cohabitent. Et le culte de la phrénologie nous permet d’y croiser Henri IV en compagnie de quelques vanités. Tous ces témoignages de ce qui n’est plus mais fut autrefois, ces miracles organiques, biologiques, minéralogiques, animaliers ou végétaux, sont l’ADN de l’existant et font ce que nous sommes aujourd’hui. Une promenade dans les coulisses de ces grands cimetières nous met, haletants, en contact avec la mémoire de l’Univers.

 

Par Gérard Martin

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Marian Adreani

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