Photographe plasticien aux frontières du réel
Telles deux forces que tout oppose et qui pourtant nous rassemblent, les œuvres en noir et blanc de Michel Kirch interrogent notre rapport au monde. Elles dépeignent ses richesses naturelles mais aussi les épreuves auxquelles nous sommes confrontés, à l’instar du réchauffement climatique. Présentation d’un philosophe de l’image pour qui chaque détail compte. « Conversation avec letemps », « Seul au monde » ou « La condition humaine » : tels sont les noms des photographies sculptées par Michel Kirch, pour qui les mots, tout comme les images, ont un sens : « Je me décris comme un photographe plasticien. J’utilise la photo comme les peintres utilisent l’huile, c’est mon matériau. Je commence par un processus argentique traditionnel que je scanne afin d’y ajouter d’autres
photographies. Les pixels composent mes œuvres. » Il en résulte un méticuleux travail de composition, souvent mélancolique et parfois dérangeant, mais toujours empreint d’une profonde poésie : « La position de l’homme dans l’univers, l’éveil de la conscience, les forces contradictoires qui composent le monde… Je tente de représenter tout cela dans mon travail, » nous explique l’artiste à l’esprit éclairé. « J’y inclus les notions de bien et de mal, et la dualité du noir et du blanc. » Tel un véritable architecte de l’image, Michel Kirch interroge notre rapport à la nature et au climat depuis quinze ans, comme dans son œuvre Fragiles, un triptyque de près de 3 mètres de long sur lequel une arche de Noé se mêle aux corps nus et aux bureaucrates. Un travail qui suscite l’admiration et qui vaut à son auteur d’être qualifié de « veilleur créant une nouvelle magie » par le philosophe Edgar Morin. Bien que ce Messin à l’esprit vagabond n’ait cessé de parcourir le monde — dont une année passée au Sahara, qu’il considère comme une initiation à son propre langage visuel — il s’est installé depuis près de cinq ans aux portes du Luberon, à L’Isle-sur-la-Sorgue : « J’ai beaucoup de mal à vivre avec le bruit de la civilisation. C’est pour cette raison que je préfère vivre ici, dans cette ville piétonne parcourue d’eau que l’on appelle la Venise Comtadine. » Une ville qui a, par ailleurs, exposé l’été dernier le travail de ce poète visuel au CAMPREDON Art & Image, tout comme le Fonds culturel de l’Ermitage, à Garches. Lauréat de cette fondation, il se verra remettre en novembre prochain, au Sénat, une récompense saluant son talent avant de franchir l’Atlantique pour dévoiler ses créations au Palm Beach Show 2026. Nous vous invitons aujourd’hui à découvrir l’univers onirique de Michel Kirch dans ce numéro spécial environnement, au sein d’un portfolio dans lequel chaque image reste une porte ouverte sur l’âme du monde.

Lire nos magazines



