
Photographie Jean-Michel Sordello
Président de la Ligue contre le Cancer des Alpes-Maritimes, le Pr Maurice Schneider, après une vie de combat contre la maladie, œuvre à présent pour améliorer le bien-être des patients.
On ne peut énumérer ni ses titres ni ses publications (plus de 500 références dans la littérature médicale). Aujourd’hui professeur émérite de cancérologie, Maurice Schneider a commencé son parcours à l’institut Gustave Roussy de Villejuif où il a grandement contribué à l’avancée des traitements aux côtés du
Pr Georges Mathé, réalisant ainsi, en 1963, la première greffe mondiale de moelle osseuse chez un malade leucémique. Attaché dès 1972 au Centre Antoine Lacassagne, il a formé quantité de praticiens et contribué à la reconnaissance en France des diplômes d’oncologie et de cancérologie. Durant toute sa carrière, le Pr Schneider a mené une lutte sans relâche contre la maladie. « Un certain nombre de cancers sont aujourd’hui mieux soignés grâce à l’association de la chimiothérapie et de l’immunothérapie. On peut désormais parler de guérison et non de simple rémission lorsqu’il n’y a pas de récidive au bout de cinq ou dix ans ». Dès lors, et c’est son nouveau combat, peut-on aborder la maladie plus sereinement, oser prononcer le terme et considérer les malades comme « des gens normaux » même si, dit-il « il y a encore des progrès à faire ».
L’avenir est à la prévention
À la tête de la Ligue, association qu’il préside depuis dix-sept ans, le bien-être des patients constitue son objectif essentiel. « Je me suis battu contre la maladie et aujourd’hui je me bats pour les malades. Il s’agit de répondre à leurs besoins (physiques, psychologiques, familiaux…), voire de leur fournir une assistance juridique ou administrative ». Soigner et prendre soin. Depuis toujours le Pr Schneider associe les deux, ce qui est particulièrement important dans la prise en charge des cancers. Et il souligne la nécessité de mieux organiser la prévention. « On dénombre plus de 400 000 nouveaux cas chaque année en France. Certes il y en aura toujours, mais si l’on faisait attention on pourrait en éviter 40 %. L’avenir est à la prévention et au dépistage même si les nouveaux traitements constituent un réel progrès. J’estime que le médecin devrait être rétribué s’il évite à son patient de tomber malade… ».
Et de pointer les lacunes de notre pays dans certains domaines : « La France a un problème par rapport à la vaccination. Je soutiens à fond le vaccin contre le papillomavirus susceptible de provoquer certains cancers de l’utérus. Quant à la crise sanitaire actuelle j’espère qu’un vaccin va rapidement être au point et je serai le premier à me faire vacciner ! ».
Ayant été toute sa vie durant « au front » pour combattre ces cellules folles qui un jour s’agglutinent pour former une tumeur, le Pr Maurice Schneider s’insurge contre le scepticisme de ceux qui aimeraient retourner en arrière. Une pure folie pour ceux qui sont face à la maladie.
Nicole laffont
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