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Depuis le lancement, en mars dernier, de sa marque de sacs Vaudou, cette Franco-Mexicaine, niçoise d’adoption, a su se faire une place dans l’univers du luxe durable.
À tout juste 29 ans, Mariana ne manque ni de talent ni de tempérament. Et c’est avec passion qu’elle nous parle de son projet. Une véritable petite révolution dans l’univers de la mode : « En 2008, je me suis réveillée en pleine nuit en me demandant quelle était l’histoire de ces petites mains qui fabriquaient mes vêtements, sacs… Puis, je me suis souvenue que, chaque année pour Noël, ma grand-mère me tricotait des pulls en laine immettables que je n’ai pourtant jamais jetés. Quand quelque chose est fait avec le cœur, il y a une connexion qui s’établit avec la personne, un truc magique ! C’est là que m’est venue l’idée d’instaurer une relation sentimentale entre artisans et consommateurs. » Le concept de Vaudou était né.
« Who made my Bag ? »
Au fil de ses voyages, Mariana se passionne pour le savoir-faire et la culture du sous-continent indien. À la frontière du Pakistan, elle a su se faire accepter des tribus Lambani et Banjara avec un objectif : essayer de changer le monde grâce à une consommation positive. « En lançant la campagne Who Made My Bag ?, nous nous sommes engagés à fournir la photo, le nom et la signature du maître maroquinier et de la brodeuse qui sont intervenus dans le processus de fabrication. Ainsi, nos sacs ne sont pas anonymes, ils ont un visage, une histoire. » Aujourd’hui, Vaudou est avant tout une ONG qui rassemble près d’une centaine de brodeuses en coopérative. De nombreuses femmes ont vu leurs conditions de vie s’améliorer. « Une fois qu’on leur a insufflé l’amour du travail bien fait, elles réalisent des choses extraordinaires. Tout ce qu’elles apprennent, elles pourront le réutiliser, se l’approprier. »
La reconnaissance par le travail
Chacune de ses créations est un mariage réussi de broderies tribales minutieusement attachées à des cuirs de très grande qualité. Les pièces, uniques, au design ultramoderne, se caractérisent par un intérieur en daim bleu électrique. « Le sac doit être LA motivation d’achat. Je ne veux pas d’achat pitié, la reconnaissance se fait par le travail. Ce sont ces valeurs que je souhaite, insiste-t-elle. Je suis arrivée en France à 14 ans, suite à la crise économique au Mexique. Mon père avait tout perdu. Mais ce choc est vite devenu une force. Je parlais deux langues, je connaissais deux cultures. Mes parents m’ont donné les armes pour me débrouiller seule, n’importe où, et ne jamais avoir peur, grâce au travail. » Mariana travaille déjà sur de nouveaux projets, notamment en lien avec son Mexique natal. Attention, talent à suivre !
Par Marjorie Modi
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