Dans les gènes • • • À 26 ans, Lisa Pou incarne la nouvelle vague du sport féminin monégasque. Spécialiste de l’eau libre, la jeune femme s’est imposée sur la scène internationale en remportant une médaille de bronze à Singapour en juillet 2025. La première dans une compétition mondiale pour un athlète monégasque, tous sports confondus ! Une trajectoire qui s’inscrit dans une histoire familiale : son père et entraîneur Michel Pou avait participé aux JO, quarante ans plus tôt, à Los Angeles…
Née à Fréjus et licenciée à l’AS Monaco, cette jeune femme timide et solitaire, qui nage entre 70 et 100 bornes par semaine, a grandi entre bassin et grand large. Très vite, l’eau libre s’est imposée à elle. « Ce qui me plaît, c’est l’imprévu. Il faut s’adapter sans cesse : aux courants, à la température, au vent. » Comme aux championnats du monde de Yeozu en 2019 où elle a adoré nager en plein typhon…
Libre et conquérante • • • Cette philosophie, elle la revendique. À Singapour, l’eau affichait 31 °C. « Les gens ne se rendent pas compte, mais deux heures d’effort dans une eau aussi chaude, c’est très dur. J’ai dû gérer mon diaphragme, apprendre à souffler plus. Ma température idéale se situe à 19-20 °C, maximum 23 °C ». Un combat invisible, mené autant contre l’élément que contre elle-même. « J’ai toujours douté de moi, mais aujourd’hui, je ressens plus de maîtrise. Cette médaille m’a apporté de la confiance. » En octobre 2015, elle vient d’ailleurs de confirmer sa performance à Paris en remportant la troisième étape de la Coupe d’Europe de natation.
La force du groupe • • • Avant d’en arriver là, la Monégasque a connu des hauts et des bas. Son 18e rang à Paris 2024, sur un parcours particulièrement exigeant dans la Seine, l’a marquée durablement. « Je n’ai jamais nagé dans un courant pareil, se souvient-elle. À un moment, je nageais en crabe pour avancer. C’était fou. » Elle en garde une force nouvelle : « Quand il m’arrive des choses compliquées, ce n’est pas très grave, c’est du sport. J’arrive à puiser dans le négatif pour rebondir. » Ses souvenirs de ces premières olympiades restent précieux. « Représenter Monaco, être porte-drapeau, vivre l’esprit d’équipe, c’était une fierté », raconte cette passionnée de photographie, qui en a capturés un maximum.
Le collectif, justement, est au cœur de sa vision du sport. « En eau libre, il y a une vraie notion de partage. Tu nages avec les autres, pas contre eux. C’est un sport individuel, mais pas tant que ça. » Et c’est en équipe que Lisa retournera dans la Seine en 2026 pour les championnats d’Europe à Paris. Pour se préparer à cette échéance, elle a choisi de s’entraîner en Suède. Seule. « C’est important de sortir de sa zone de confort pour avancer », lance la jeune femme, prête à relever de nouveaux défis.
[ 1999 ] Naissance à Fréjus.
[ 2018 ] Championne du monde de junior en relais mixte 5 km en eau libre à Eilat.
[ 2019 ] 4e aux championnats du monde en 25 km de Yeozu (Corée du Sud).
[ 2024 ] Porte-drapeau aux JO de Paris, 9e du 10 km.
[ 2025 ] 3e du 10 km en eau libre à Singapour, après 2h07 et 55 secondes d’effort.
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