

Léa Bizalion : « Ici, c’est original, parce que c’est tellement pas original ! »
Chez Léa, pas de carte mais une ardoise pour annoncer un déjeuner de haute volée !
Elle aurait pu cuisiner au sein de brigades prestigieuses. Elle a préféré faire découvrir à la clientèle d’un bar-tabac de quartier l’opulence d’une pastilla de poulet amandes et raisins secs, la gourmandise d’un burger de cochon confit, le caractère d’un carré d’agneau en croûte d’herbes ou l’intensité d’une tarte chocolat noir. Léa Bizalion a grandi dans ce quartier de Malmousque. La voici revenue dans cet estaminet à l’endroit même où s’achève la course sinueuse du bus n° 80. L’école hôtelière d’Avignon lui a ouvert les portes de Robert Brunel à Avignon et de l’Épuisette à Marseille. Elle part ensuite deux ans au Greenhouse, à Londres, chez Antonin Bonnet, puis à Courchevel avec Yannick Alléno, et le Mandarin Oriental, à Paris. « Dans ce milieu, il faut savoir se défendre car je m’en suis pris plein la figure », confesse ce petit bout de femme au caractère bien trempé, volontiers têtue et gentille. « J’en ai tellement bouffé du Michelin que je les connais par cœur et ça ne me fait plus envie. Faire de la belle cuisine oui. Courir après les étoiles non », assure Léa devant un céleri rémoulade aux pommes bio d’Aubagne. « Tout est fait le jour même et maison », promet celle qui est venue un jour au culot, expliquant au patron qu’elle adorait son bar mais qu’il ne s’y passait rien. Ce dernier, fils d’une cuisinière italienne napolitaine de talent, a flairé la bonne recrue. Depuis, les cuissons et assaisonnements ajustés suscitent une vague d’enthousiasme. « Dès qu’on fait des trucs avec des produits de mauvaise qualité, c’est pas bon » dit Léa. Et chez elle, tout est bon !
Bar-tabac Le Terminus,
372 rue d’Endoume
Marseille 7e
Tél. 06 07 05 54 23
Par Pierre Psaltis
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