À travers des bolides à la carrosserie profilée et fleurons de vitesse, l’exposition Monaco & l’Automobile,de 1893 à nos jours au Grimaldi Forum Monaco retrace l’épopée mécanique moderne.
A Monaco, l’automobile n’a jamais été un simple moyen de transport. Dès la fin du XIXe siècle, elle a participé à la construction de l’image d’un pays, entre innovation technique, prestige mondain et adrénaline du sport. En 1903, le Dr Ernest Guglielminetti y expérimente le goudronnage des routes, afin de remédier aux envolées de poussière. Une idée encouragée par le Prince Albert Ier, qui contribue à transformer la Principauté en théâtre de la modernité. Dès 1897, des concours d’élégance animent les abords du Casino, le Rallye Monte-Carlo naît en 1911 et à partir de 1929, le spectacle du Grand Prix de Monaco déferle dans les rues. Organisée en collaboration avec l’Automobile Club de Monaco et des prêteurs internationaux, cette exposition présente 55 véhicules sur une surface d’environ 3 500 m². « Il ne s’agit pas de modèles similaires mais bien des voitures elles-mêmes qui ont couru et ont souvent remporté les épreuves », s’enthousiasme Rodolphe Rapetti, commissaire de l’exposition, ponctuée de photos, de films et d’outils de médiation.
L’image d’un rayonnement international
L’aventure mécanique a participé à la construc-tion de l’aura monégasque. L’exposition accueille ainsi une Panhard & Levassor type P2D, le plus ancien véhicule à pétrole au monde en état de marche, dont les premiers exemplaires sont arrivés au compte-goutte à Monaco à partir de 1893. De même que la Rolls-Royce Silver Wraith, l’originale du mariage de Grace Kelly et du Prince Rainier III en 1956. Rien d’étonnant à ce que le souverain ait choisi cette superbe décapotable à la carrosserie crème et noire, dotée de quatre portes, pour ses apparitions avec l’actrice holly-woodienne. « L’automobile peut ainsi être regardée comme une véritable œuvre d’art, à la croisée du design, de l’ingénierie et de l’imaginaire. »
Quand la technique défie les éléments
Depuis les débuts, deux objectifs ont guidé les inventeurs et pilotes : aller plus loin et le plus vite possible. Pour le rallye automobile, les équipages convergeaient vers Monaco, affrontant des routes dans des conditions climatiques souvent extrêmes. Parmi ces bolides, une Delahaye Type 58, une double berline « Obus », partie de Paris en 1912. En plus de la 7e position, elle décrocha le premier prix d’élégance des véhicules fermés. « Nous accueillerons une Morris Mini Cooper S,
un modèle incroyable par son gabarit et sa maniabilité, dont la victoire à Monaco a créé une onde de choc », ajoute le spécialiste. Entre cette voiture, la Bugatti 46 monumentale (4e au rallye de 1932) et la très racée Lancia Stratos HF (gagnante en 1977), le contraste est saisissant.
L’adrénaline et les héros des circuits
« Derrière chaque voiture, il y a des trajectoires, des prises de risque, des moments de réussite ou d’incertitude. Nous avons souhaité mettre en lumière ces figures, notamment les Monégasques Louis Chiron et Charles Leclerc », poursuit le commissaire. Figure dans cette traversée la Delahaye 135 MS Coupé (Henri Chapron) achetée par Chiron, l’un des plus grands pilotes d’avant-guerre, de même que la Ferrari victorieuse de Charles Leclerc en 2024, symbole d’un renouveau générationnel.
D’hier à aujourd’hui, le parcours invite une monoplace de Formule E, témoin de nouvelles orientations énergétiques du sport auto, et le rover Mona Luna de Venturi Space, imaginé pour les explorations lunaires à l’horizon 2030.
Monaco & l’Automobile, de 1893 à nos jours
Jusqu’au 6 septembre 2026
Grimaldi Forum Monaco
Ouvert tous les jours de 10 h à 20 h
(fermeture exceptionnelle le samedi 22 août)
Nocturnes : les jeudis jusqu’à 22 h

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