Un état d’esprit dynamique pour la RSE
Non, la Responsabilité Sociétale des Entreprises ce n’est pas juste une liste de critères sans fin. Pour ces nouvelles dirigeantes, c’est une façon d’être, un projet collectif, incarné.
La formule choisie par Eléonore Givort et Charlotte Doyen pour sensibiliser les salariés aux enjeux sociaux et environnementaux : un burger quiz humoristique, qui rend la transition plus mobilisatrice et ludique. Ces trentenaires sont aussi allées à la rencontre de celles et ceux qui ont décidé d’agir dans l’Hexagone. Des témoignages qu’elles ont partagés en ligne sur le site Entreprise du futur, dans une série de podcasts baptisés Impact(s). Ces deux mompreneurs ont fondé La Graine, après avoir œuvré ensemble dans le fonds d’investissement responsable Raise. Concrètement, elles accompagnent aujourd’hui les TPE et ETI azuréennes à mettre la durabilité au cœur de leur business. « Il y a des exceptions mais, de manière générale, les anciennes générations ont vécu avec le sentiment que les ressources étaient inépuisables alors que les nouvelles savent que c’est faux. Cela change tout dans le management si on souhaite être une entreprise résiliente, c’est-à-dire qui sait faire face aux crises et durer sur le long terme et, bien sûr, être rentable », précise Eléonore.
La clé pour recruter et fidéliser ses talents
« Les grands groupes disposent de services RSE dédiés ou font appel à des cabinets de conseil auxquels les plus petites entreprises n’ont pas accès. Nous avons donc souhaité proposer ce service, proche des dirigeants qui font l’économie du territoire », poursuit Charlotte, qui suit en majorité des clients locaux. Pour elle, le développement durable ne se résume pas à faire sa part dans un monde en crise. Mettre cette stratégie au centre des engagements d’une entreprise est un levier pour attirer des investisseurs, un facteur décisif pour recruter de jeunes actifs, et il faut également rendre des comptes à ses clients. La Graine mise sur des relations de proximité, à travers des accompagnements sur trois ou six mois, et maintient le lien et la réflexion sur le long terme. Dans leur propre organisation, ces entrepreneuses revendiquent leur complémentarité. « On est très alignées dans nos visions de la vie. On ne va pas planifier des réunions entre 17 heures et 19 heures, au moment du tunnel des enfants, mais on sait qu’on peut s’appeler après », raconte Charlotte, originaire des Vosges et qui a choisi le soleil du Sud comme Éléonore, venue de Paris.
La clé pour réussir son business
« La région n’est pas la plus avancée en matière de RSE et il y a encore beaucoup de choses à construire. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à vivre ce moment de passation, où les générations suivantes arrivent. Des femmes et des hommes de 40 ans formés partout dans le monde reviennent dans leur région et prennent le lead. Ils ont aussi des enfants qui leur disent de faire autrement. C’est un changement de paradigme, même s’il y a eu des pionniers qui avaient compris avant les autres », ajoute Eléonore. La Graine intervient dans les mises en conformité en vue d’obtenir un label, pour structurer les engagements et embarquer les métiers dans l’aventure. « On a accompagné des acteurs engagés depuis longtemps comme Ragni à devenir société à mission. De même chez Résistex, la démarche impulsée par la direction s’est transformée en dynamique collective. Car ce n’est pas parce que le sujet est très sérieux qu’on ne peut pas adopter une forme entraînante », conclut Charlotte. Soutenue par ces dirigeantes, dont la vie est ponctuée aussi de sport, de concerts et de culture urbaine, la RSE prend un tour enthousiaste.

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