Le passeur de lumière
L’art de faire jaillir la lumière au beau milieu de la nuit : tel est le don de cet artiste qui a toujours su trouver un réconfort dans l’obscurité.
Une ambiance féérique, à la croisée de la caverne d’Ali Baba et d’un voyage au pays des merveilles. Lorsqu’on demande à Jean-Philippe Weimer si cette description colle à l’univers qui se dégage de son atelier situé à La Seyne-sur-Mer, l’intéressé acquiesce : « Avec mon équipe de quatre personnes, nous construisons, nous fabriquons, et nous inventons nos propres lumières : il y a donc une dimension très concrète, presque terre-à-terre, qui cohabite avec un versant plus poétique, celui de l’invention, où l’esprit peut se libérer tout en restant sous la contrainte de la technique. » Un travail se situant à la frontière de l’artisanat et de la création et qui, depuis plus de trente ans, enchante aussi bien les jardins de particuliers provençaux que des hôtels ou restaurants, de Terre Blanche à la maison Pic, à Valence, en passant par la Chassagnette arlésienne : « Nous sommes capables de concevoir des objets à la fois fiables et poétiques, ce qui n’est jamais évident. Pas plus pour moi, d’ailleurs, de concilier le rôle de chef d’entreprise et celui d’artiste : c’est un équilibre comparable à celui du travail technique, où l’on apprend peu à peu à créer sans que la contrainte ne devienne un frein. »
Le concepteur s’autorise alors toutes les excentricités, et les luminaires qu’il crée sont toujours inspirés par la nature, tantôt en forme d’œuf, de fleur ou de galet : « Je suis né dans une forêt alsacienne, ce qui signifie sans doute que je suis un peu sauvage et toujours mobile. Je me sens bien plus proche du paysage, des animaux et du vivant que de l’être humain. »
Confier son extérieur à Jean-Philippe Weimer, c’est accepter de rentrer dans son univers, et de partager ensemble un projet : « Il y a quelque chose de profondément beau à voir des luminaires se fondre dans un jardin. » À notre tour d’acquiescer.
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