La mécanique invisible du spectacle
Il fait partie de ceux qui préfèrent rester dans l’ombre afin de faire briller les artistes. Rencontre avec le directeur technique du Grand Théâtre de Provence.
Qu’est-ce qui rend un spectacle vivant si magique ? Le fait, sûrement, de voir le temps d’une représentation, un univers où tout semble parfaitement calibré, sans que l’intervention humaine ne soit visible. C’est tout le pari que se fixe Jean-Luc Thorant avant chaque spectacle. Directeur technique du Grand Théâtre de Provence, celui qui a fait ses armes à la MC2 de Grenoble dirige depuis 8 ans toute la partie technique du théâtre aixois de 1 388 places : « J’interviens sur la partie scénique en amont de la diffusion : j’effectue les chiffrages, j’identifie le matériel nécessaire et je travaille autant que possible en équivalence avec les équipements déjà disponibles en interne, qu’il s’agisse de la scène, de la lumière ou du son. » Il coordonne alors, avec la dizaine de techniciens qui l’accompagnent, l’ensemble de ces éléments avant de passer le relais à la régie générale, qui se charge ensuite de la planification du spectacle et des autres aspects techniques qu’exige le projet. Aussi à l’aise derrière des projecteurs que sur un plateau, cet amoureux de la culture a vu jouer sous ses yeux des légendes : « J’ai longtemps été en régie plateau, un poste que j’ai particulièrement aimé, car il implique un rapport très direct avec les artistes, au plus près de la scène, et crée naturellement des liens. Ce rapport est très différent de celui que l’on entretient depuis une régie son ou lumière, généralement installée en fond de salle, avec une forme de distance. » Il côtoie alors des acteurs de théâtre exceptionnels comme Jean Marais, Michèle Morgan ou encore Michel Bouquet : « toute une génération d’acteurs aujourd’hui disparus, mais dont la présence sur scène reste profondément marquante. »
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