Ingrid Badaoui

« J’ai baigné dans cet univers depuis l’enfance »

Épaulée par sa fille et son mari, elle défend avec ses équipes une fabrication locale et sur mesure, de menuiserie aluminium, serrurerie industrielle et ferronnerie d’art. Direction Azur Alu à Saint-André-de-la-Roche.

« Maintenir une fabrication locale française est un luxe, une fierté, mais nous avons également du mal à recruter des jeunes à l’atelier pour la relève. »
‘ Azur Alu conçoit et installe des menuiseries aluminium sur mesure pour les fenêtres et baies vitrées.
“ Pergola bioclimatique en aluminium réalisée par Azur Alu pour une villa de Roquebrune-Cap-Martin.
Ingrid Badaoui entourée de son père, son époux, sa fille et sa mère.

Une femme à la tête d’une entreprise industrielle… le fait est encore assez rare pour être souligné. D’autant qu’il a vraiment fallu pour Ingrid Badaoui faire sa place dans l’entreprise familiale, passer le relais entre générations. « Italien, mon père était venu sur la Côte d’Azur en vacances pour voir sa sœur. Finalement, il est resté là et a débuté comme serrurier. Après sa rencontre avec ma mère, il a fondé Azur Alu, en autodidacte, et a ainsi été le premier dans la région à fabriquer des menuiseries aluminium. C’était une génération patriarcale et maman l’épaulait dans l’ombre, discrète  ; elle amenait sa planche à repasser le midi entre les heures de bureau pour ne pas perdre une minute, et toute la famille vivait au rythme de l’entreprise », se souvient Ingrid Badaoui, désormais à la tête de la structure.

Du fax de l’époque à la découpe numérique

Dans son bureau au 1er étage, les sons mon-
tent depuis l’atelier : découpe de barres, assemblage pour créer des systèmes de fermeture extérieurs, ajout de vitres et serru-rerie… le ballet mécanique suit le rythme des commandes. Membre du Groupe Femmes BTP 06, Ingrid n’a pour autant pas renoncé à une autre facette de sa personnalité, évidente sur sa page Instagram : « Je voulais au départ être artiste mais on m’a dit de gagner d’abord ma vie. J’ai donc fait des études de comptabilité, puis j’ai rejoint Azur Alu à 21 ans comme comptable. Cela a été rude car j’ai dû apprendre tout le reste sur place. Pour autant, sur mon temps disponible, je dessine, je peins et je crée désormais des décorations florales pour les baptêmes et mariages d’amis ». Dans l’aventure industrielle d’Azur Alu, la dirigeante a été rejointe par son époux, ancien ingénieur chez IBM : « Il en avait assez d’être un numéro chez quelqu’un d’autre. On a donc d’abord œuvré en trio, mon père, lui et moi. Petit à petit, on a développé l’informatique, de nouveaux process et mon père a lâché son bébé, en partant en retraite à 70 ans ».

Nouvelle dynamique avec la troisième génération

Ingrid à la gestion financière, Mohamed à la partie technique… l’équipe de direction ne serait pas au complet sans Clara Badaoui, leur fille. « J’ai grandi dans l’idée que je ne travaillerai jamais chez Azur Alu et j’ai débuté dans l’hôtellerie. Puis il y a eu la Covid, et on m’a diagnostiqué une maladie auto-immune ; je suis venue d’abord pour développer les réseaux sociaux », résume la trentenaire, qui a étendu depuis ses compétences aux RH et à la commercialisation. Avec plus de 60 ans d’existence, la maison travaille par bouche-à-oreille et via son bureau technique, qui répond aux appels d’offres. Fan de gastronomie, de voyages, Clara y incarne avec son humeur solaire la troisième génération : « Dans cette entreprise, mes grands-parents travaillaient 24 heures/24, il n’y avait pas de soirée, de week-end. Alors, avec maman, on s’est très vite dit que l’on s’interdisait de parler boulot au-dehors, et on s’y tient  ! » dit-elle avec tendresse. Une équipe mère-père-fille complice, qui porte Azur Alu aujourd’hui.

Fondées en 1987, Les Éditions COTE sont le fruit d’une aventure familiale qui dure depuis plus de 39 ans. Les magazines, dédiés à l’art de vivre et au luxe en Provence et sur la Côte d’Azur, mettent en avant le territoire et les acteurs de notre belle région.