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De gauche à droite, Hubert Bonnefond, Directeur technique, et Christophe Vasseur CEO et co-fondateurs d’inalve. |
La start-up niçoise, lauréate du Concours mondial d’Innovation, a mis au point une solution ingénieuse qui va révolutionner l’alimentation animale.
Chaque année, nous produisons plus de 995 millions de tonnes d’animaux destinés à notre consommation (463 de poulet, 253 de porc, 201 de bœuf et 35 de poisson). Une question majeure se pose : comment alimenter les bêtes appelées à nous nourrir aujourd’hui et demain, avec une population estimée à 9,8 milliards d’individus en 2050 ? L’industrie agroalimentaire utilise des protéines pour favoriser la croissance des animaux, parmi lesquelles les farines d’origine végétale (colza, soja, maïs…) et les farines de poisson. Mais leur production pose de nombreux problèmes environnementaux : grande utilisation de terres arables de plus en plus difficiles à mobiliser pour les premières et déséquilibre de la diversité marine pour les autres, car pour fabriquer 1 kg de farine de poisson, il faut en pêcher… 4 ! Un modèle destructeur pour la planète surtout que, selon la FAO, il faudra produire 70 % de protéines de plus en 2050 pour notre consommation. Inalve propose donc une véritable innovation en matière d’alimentation animale : les microalgues. « Les protéines issues de ces organismes microscopiques représentent une ressource naturelle jusqu’à présent sous-exploitée », explique Christophe Vasseur, président et cofondateur d’Inalve avec Hubert Bonnefond. « D’une qualité nutritionnelle sans égale, elles offrent un substitut de choix aux farines de poisson. En partenariat avec le CNRS, l’Inria, l’UPMC et Centrale Supelec, nous avons développé au laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer durant deux ans un procédé de production de biofilm de microalgues et une farine de microalgues aux propriétés exceptionnelles, contenant tous les acides aminés nécessaires au développement animal. » D’ici 2020, un centre de production pilote devrait voir le jour à Nice. Celui-ci sera en mesure de livrer à lui seul 10 tonnes par an, augmentant ainsi d’un tiers l’ensemble de la production française (20 tonnes).
Par Alexandre Benoist
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