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À cannes, les stars sont toujours en haut de l’affiche. |
Lancé officiellement en 1946, ce rendez-vous est devenu, au fil des éditions, bien plus qu’un festival de cinéma…
« Festival international du film – Cannes 1er-20 septembre 1939 ». Voilà le titre qui s’étalait fièrement sur les affiches fraîchement imprimées et prêtes à être collées… Seulement l’Histoire en décidera autrement. Ce n’est qu’en 1946 que la manifestation voulue par Messieurs Philippe Erlanger et Jean Zay (avant la guerre, le premier était haut fonctionnaire et le second, ministre des Beaux-Arts) connaît son vrai « clap de début ». La ville de Cannes est choisie car, en plus d’incarner la dolce vita – n’oublions pas que le Festival a été créé pour concurrencer la Mostra de Venise – elle dispose de toutes les infrastructures pour recevoir les festivaliers. Ses palaces – le Carlton, le Majestic, le Martinez – font déjà rêver et la ville accepte de construire un bâtiment pour accueillir l’événement. Au fil des années, le Festival de Cannes devient le meeting point incontournable des cinéphiles et, bien sûr, des stars. Même si, parfois, leur « convocation » est involontaire ! Comme pour l’acteur américain Kirk Douglas, nommé par erreur président du jury en 1980, alors que c’était Sirk Douglas, réalisateur danois, qui était désigné pour le rôle… Un assistant maladroit avait remplacé le S par le K dans son télégramme officiel…
Petites et grandes histoires
La légende du Festival s’est aussi construite autour d’anecdotes incroyables. Simone Silva crée l’un des premiers scandales, en 1954, en posant topless sur la plage pendant une séance photo avec l’acteur américain Robert Mitchum. En 1963, un guépard foule les plages de La Croisette pour promouvoir le film éponyme de Visconti. La même année, Alfred Hitchcock lâche des oiseaux pour honorer son dernier chef-d’œuvre. Coluche, lui, se travestit en 1986, choquant à coups de ballerines pointues, collants et bandeau dans les cheveux. Sans oublier le rituel de la montée des marches, parées de leur tapis rouge. Une ascension unique qui fait partie intégrante de l’ADN de ce grand rendez-vous du 7e art, réputé pour son défilé de tenues très couture. On se souvient de Madonna en culotte taille haute et soutien-gorge aux bonnets coniques signés Jean Paul Gaultier. Des instants que les photographes saisissent avec plaisir… ou pas ! Comme en 1983, quand ces derniers posent leurs appareils et refusent d’immortaliser la venue de la comédienne Isabelle Adjani. Plus glamour, rappelons-nous du « nipplegate » de Sophie Marceau en 2005 ou de la danse endiablée de Quentin Tarantino et Mélanie Laurent en 2009. À coup sûr, la 70e édition devrait elle aussi nous offrir quelques scènes cultes !
Par Alexandre Benoist et Marie Thouvenel

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