George Miller

 
 president georges miller
 

La 69e édition du Festival de Cannes accueille son premier président australien, le père de Mad Max, parfait électron libre du 7e art.

 

L’un approche de sa 70e année, l’autre affiche 72 printemps. Pour autant, ni sur le Festival de Cannes ni sur son nouveau président, le cinéaste australien George Miller, le temps ne semble avoir de prise réelle… Le festival international du Film, créé en 1946 dans une « petite » cité balnéaire du sud de la France, continue d’être l’événement le plus médiatisé au monde après les Jeux olympiques, tandis que le réalisateur, né en 1945 dans une bourgade du Queensland, cultive sans distinction le goût des personnages destroy, des sorcières aux faux airs de bourgeoises, des cochons tout mignons ou des manchots danseurs de claquettes… George Miller est un drôle d’énergumène, difficile à cerner, parfait électron libre dans la famille parfois trop formatée du 7e art. L’homme n’a eu de cesse d’expérimenter les genres. Son seul mot d’ordre : l’ardeur. Comme celle que le créateur de la saga mythique Mad Max a témoignée à l’annonce de sa nomination cannoise : « Quel immense plaisir ! Être au cœur de ce festival chargé d’histoire qui dévoile les joyaux du cinéma mondial, débattre des heures passionnément avec mes compagnons du jury, c’est un grand honneur. Je ne manquerais ça pour rien au monde. »

 

Épopée post-apocalyptique
Si George Miller n’a certes jamais eu les honneurs de la compétition officielle, l’homme conserve probablement de bons souvenirs de Cannes. Producteur actif, cinéphile acharné, il y a été membre du jury en 1988 et 1999 mais c’est surtout l’année dernière que le réalisateur a créé le buzz sur la Croisette en présentant Mad Max : Fury Road. Le quatrième et dernier opus de l’épopée post-apocalyptique, qui propulsa sa carrière et celle d’un certain Mel Gibson en 1979, a eu le privilège d’ouvrir la 68e édition, avec le triomphe qui s’ensuivit (lire notre encadré). Ce qui a pu inciter par ailleurs Pierre Lescure et Thierry Frémaux, respectivement président et délégué général du Festival, à lui confier la présidence du jury en 2016, faisant ainsi de lui le tout premier Australien à accéder à ce poste – Jane Campion étant, rappelons-le, de nationalité néo-zélandaise, en plus d’avoir été en 2014 la première femme cinéaste à occuper cette position de « mâle dominant ».

 

On the road again
On compte sur l’intégrité d’un des cinéastes les moins consensuels et les plus discrets qui soit, vivant très loin quelque part sous nos pieds, pour nous surprendre le 22 mai, à l’annonce du palmarès. Très souvent, les présidents de jury votent pour des films très éloignés de leur univers. Reste à déterminer celui de George Miller ! En quarante ans de carrière, ponctuée de longs breaks, le cinéaste a sillonné de nombreuses routes, toujours pied au plancher, sans se soucier des modes et des chiffres. Les fans de Mad Max ont sans doute manqué d’avaler leur Perfecto en voyant leur réalisateur fétiche choisir d’écrire en 1995 l’histoire de Babe, un petit cochon qui garde des moutons, ou de réaliser en 2006 son premier film d’animation Happy Feet, mettant en scène un pingouin qui rêve de chanter… Après Cannes, George Miller retournera à la préparation de deux autres suites de Mad Max, annoncées pour 2017. Histoire de rejouer la partition qu’il connaît le mieux.

 

MAD MAX À L’INFINI…

En 1979, avec Mad Max, George Miller qui œuvrait jusque-là comme médecin à Sydney, ouvre la route d’un nouveau genre cinématographique, le road-movie post-apocalyptique. Son cadre est un monde futur régressif, rempli de poussière et de flammes, au sein duquel les hommes sont réduits à se battre à mort pour du pétrole. La description de cet univers en fin de vie, écrasé par le soleil et la violence, provoque un raz-de-marée planétaire. Le film, bricolé avec 350 000 dollars, rapporte 100 millions et propulse le cinéaste à Hollywood. Après deux suites inégales, le dernier numéro conçu comme un hommage à l’opus originel sort sur les écrans 36 ans après, à Cannes et partout dans le monde. Le salaire des dialoguistes n’aura pas pesé bien lourd dans le budget, les quelques mots égrenés dans Mad Max 4 étant en effet accessoires. Le seul vrai langage, c’est l’image. Et la musique. Pareil à un space opera, le film qui réunit Tom Hardy et – surtout – Charlize Theron offre un condensé de pure adrénaline. Lors de la remise des Oscars en février dernier, George Miller a été récompensé à six reprises (sur dix nominations) dans les catégories techni­ques, la récolte la plus prolifique de la 88e cérémonie américaine, mais qui sonne un peu comme un lot de consolation.

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