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URBAN GUIDE

À l’affût de bonnes idées et adresses ? Expositions, festivals, concerts, boutiques, collections capsules, restaurants, bars… Toutes les dernières actualités et ouvertures de la Côte d’Azur sont présentées dans notre rubrique Urban Guide. De quoi découvrir toute la richesse et la diversité du maillage culturel, shopping et gastronomique à tester sans attendre de Saint-Tropez à Monaco. Les créateurs locaux ont également la parole dans ces pages.

mai 2022

Olivia Barisano

  • Notre terre et rituels quotidiens
  • ’artiste céramiste déploie au printemps une exposition dans son atelier, baptisé Terrail, et à l’Espace Grandjean de Vallauris. Une exploration de nos valeurs à travers les contenants.
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Installation Jeannette, empreinte de mouvements domestiques. © Olivia Barisano
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Performance, Olivia Barisano aime aussi à travailler des terres. © Lena Blary-Lour
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Mortier, le réemploi est présent dans l’œuvre de l’artiste.© Julien Sales

Elle a fait du temps l’essence de son œuvre, cette trame remplie de trous où se tissent nos histoires de famille et nos récits collectifs. Née en 1982 à Cagnes-Sur-Mer, Olivia Barisano est diplômée d’un master en scénographie obtenu à La Cambre, Bruxelles. « C’est là que je me suis retrouvée voisine de ma grand-mère, elle que je connaissais si peu », témoigne la brune, dont les ancêtres ont dû quitter les terres de Sicile. Dans la performance Solanum tuberosum en 2008, tandis que cette nonna épluche ses pommes de terre, Olivia Barisano sculpte ainsi face à elle des vulves dans ces mêmes tubercules. Un passage de flambeau de femmes par les gestes du quotidien, dans une répétition éminemment rituelle, en quête du sel de la vie. De la vidéo à la sculpture, l’artiste donne à voir les origines, comme dans l’installation en trois volets qu’elle présente ce printemps à l’Espace Grandjean à l’issue de trois ans de résidence. Dans cette ancienne fabrique vallaurienne, elle revient aux formes des pignates et poêlons que l’on réalisait autrefois avec les terres locales pour les exporter à travers le monde. « Le nom de Vallauris vient du latin Vallis Aurea, ce qui signifie vallée dorée, poursuit la plasticienne. Ses terres étaient prisées car les marmites avaient l’avantage de ne pas casser à la première cuisson ». De ces poteries utilitaires, qui servaient à faire la popote ou parfois de tirelire, à nos sacs à main et cabas contemporains, gardant jalousement notre argent et nos denrées cueillies en hypermarché, elle interroge les valeurs véhiculées par les objets. En parallèle, l’artiste réactivera son installation Jeannette à l’Espace Terrail, lieu qu’elle a fondé en 2019, qui lui sert d’atelier et qui accueille des artistes en résidence de diverses nationalités, en plus d’appartenir au réseau d’art contemporain Botox(s). Composée d’une multitude de moulages de brosses, l’œuvre peut renvoyer au geste répété par un individu ou sur plusieurs générations. Résolument Olivia Barisano poétise le quotidien des êtres et des lieux, elle magnifie ces petits rien qui font tout, des formes puisées dans une matrice originelle.

Du 6 mai au 25 juin, 
jeudi et vendredi de 14 et 17 h et sur RV

Par Tanja Stojanov