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PORTRAITS

Ils sont artiste, cheffe étoilée, designer ou apiculteur, pilote automobile ou créatrice de mode. Leur point commun ? Ces personnalités glamour ou au cœur de la vie culturelle, économique et sociale régionale sont les moteurs de l’actualité azuréenne. Découvrez sans filtre le témoignage de leur parcours, leurs rêves, leurs ambitions et leurs projets à venir.

décembre 2021

Jennifer Court

  • Le coworking appliqué aux chefs
  • « Un modèle ultra-séduisant pour la dark kitchen »
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© Jean-Michel Sordello

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Jennifer Court n’a pas sa langue dans sa poche. Fille d’entrepreneurs, elle a été tradeuse dans une première vie, de New York à Singapour, mais ça, c’était avant. « Je n’ai jamais apprécié d’avoir une hiérarchie, de devoir faire l’autruche ou plaire à quelqu’un », lance la trentenaire, qui assume avoir son boulot pour plus grande passion. Lassée d’être assise derrière un bureau, cette gourmande décide alors de se lancer dans la pâtisserie. Malgré son Bac + 5, elle reprend ses études en Espagne puis part se former aux techniques japonaises pendant un mois. « J’ai fini par y rester
3 ans ! s’amuse la brune, devenue spécialiste des choux et éclairs dans ses deux magasins à Tokyo. Sauf que voilà, la crise sanitaire est passée par là. Après 18 ans d’expatriation, notre Azuréenne fait partie de ces rapatriés de la Covid-19. Business woman dans l’âme, elle a pourtant ramené un concept dans ses valises : la première cuisine partagée du Sud-Est, après Paris et Bordeaux. « J’avais vu ce type d’organisation au Japon mais avec bien moins de place », poursuit Jennifer, qui a ainsi fondé un espace de 340 m2 de coworking pour les chefs à Cannes cet été. Ici, chacun peut donc louer 4 mètres de plan linéaire avec lignes de cuisson équipées de planchas, brûleurs et friteuses pros, mais aussi une chambre froide positive et négative. Les grands plus ? Eviter l’énorme investissement que représente le fait d’équiper toute une cuisine en solo pour se concentrer sur son food business et également échanger avec d’autres pros. Un modèle ultra-séduisant pour la dark kitchen, ces restaurants conçus uniquement pour la livraison, mais également les food trucks, pâtissiers, traiteurs et chefs à domicile. Et si Jennifer Court n’a vraiment plus l’intention de passer professionnellement derrière les fourneaux, cette working girl ne manque pas de projets à venir : « Mon objectif est de développer des franchises de Kyoyu Kitchen à Marseille et ailleurs, et de lancer d’autres marques. On me demande de créer une boulangerie sans gluten, ça me plaît ! ». A suivre donc.