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PORTRAITS

Ils sont artiste, cheffe étoilée, designer ou apiculteur, pilote automobile ou créatrice de mode. Leur point commun ? Ces personnalités glamour ou au cœur de la vie culturelle, économique et sociale régionale sont les moteurs de l’actualité azuréenne. Découvrez sans filtre le témoignage de leur parcours, leurs rêves, leurs ambitions et leurs projets à venir.

décembre 2021

Moya

  • Ouvrir l’hôpital sur un monde imaginaire
  • Il a essaimé son Moya Land dans plusieurs établissements de santé de la Côte d’Azur et a même créé un hôpital virtuel sur Second Life. Cette année, Moya signe les Palmes de la médecine.
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Il a essaimé son Moya Land dans plusieurs établissements de santé de la Côte d’Azur et a même créé un hôpital virtuel sur Second Life. Cette année, Moya signe les Palmes de la médecine.

Le personnage habillé d’inscriptions, remis aux lauréats de cette nouvelle édition des Palmes de la médecine, c’est lui ! Un trophée qui n’est pas sans faire écho à toutes les œuvres imaginées par Patrick Moya dans le champ de la santé sur le territoire azuréen. Ici, nombreux sont les médecins qui ont déjà vu le travail de ce plasticien, et pour cause. L’artiste, qui aime à jouer avec son ego et questionner ainsi la place du créateur face à son œuvre, a en effet orné la Salle de thèses de la Faculté de Médecine de Nice d’une fresque en trompe-l’œil. En plus de ces professionnels de santé, ce sont également les patients qui sont amenés à plonger dans l’univers de ce Niçois d’adoption, qui cherche à apporter un peu d’imaginaire dans ce contexte souvent rude. « Aux urgences de la Clinique Belvédère à Nice, j’ai remplacé les plaques carrées du plafond, qui cachent d’ordinaire la tuyauterie, par des œuvres dont semblent émerger des personnages. Comme généralement les couloirs des hôpitaux n’ont pas de fenêtres, contrairement aux chambres des patients, c’était donc pour moi une façon de les ouvrir sur le monde extérieur », témoigne cet hyperactif, né en 1955 à Troyes et qui a inventé autour de lui tout un Moya Land. Entre son double virtuel, la brebis Dolly – créée pour les très festives Dolly Party –, un âne et un singe – inspirés des Caprices de Goya –, de même qu’un éléphant – dessiné pour le Festival International du Cirque de Monte-Carlo, c’est ainsi tout un bestiaire qu’il fait entrer à l’hôpital.

UN FOISONNEMENT D’AVATARS
Dans le service de gastro-entérologie du Pr Patrick Rampal au Centre Hospitalier Princesse Grace de Monaco, Moya a habillé les murs de plaques numériques de presque 3,50 m de long. « Un jeu de mise en abyme, puisqu’on peut s’amuser à y retrouver mes œuvres à l’intérieur de chaque image exposée », s’enthousiasme l’artiste, dont le travail est résolument joyeux et truffé d’humour. Idem à l’hôpital Pasteur II, une gigantesque toile signée Moya accueille les visiteurs dans un Parcours d’art où l’on croise aussi des artistes azuréens comme Ben, Sosno, Frédérique Nalbandian ou encore Louis Dollé. Une œuvre offerte par l’association Rires du Cœur, réalisée par l’artiste en direct devant le public en un temps record d’1h30, grâce à une technique qui est devenue l’une de ses marques de fabrique : un fond noir sur lequel il fait remonter ensuite ses couleurs, et donc les lumières.

HOMMAGE À L’OCÉANOGRAPHIE
Au Centre Scientifique de Monaco, Moya a réalisé de grandes fresques sur le thème de la recherche et qui mettent en scène sa brebis Dolly, portant le nom de la première brebis clonée. « Les chercheurs ont une méthode qui au départ peut s’apparenter à de l’art, en ce sens qu’il faut avoir de l’imagination », poursuit ce créatif, qui partage son temps entre réalité et monde numérique. Si dans la vie courante Moya n’a pas souvent besoin de consulter et qu’il se dit même en plaisantant un peu hypocondriaque, il a créé sur Second Life son hôpital virtuel. Ici pas de zombie ni de créatures effrayantes comme on peut en trouver dans d’autres établissements de soin de la plateforme en ligne, cet hôpital est ouvert à tous les publics majeurs. En créant son avatar et en se rendant sur place, on peut y faire une visite avec lui – s’il est là bien sûr - ou participer à un jeu de rôle en couple à la maternité. Autant de surprises qui créent, avec joie et fantaisie, des rencontres entre arts et sciences.

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