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PORTRAITS

Ils sont artiste, cheffe étoilée, designer ou apiculteur, pilote automobile ou créatrice de mode. Leur point commun ? Ces personnalités glamour ou au cœur de la vie culturelle, économique et sociale régionale sont les moteurs de l’actualité azuréenne. Découvrez sans filtre le témoignage de leur parcours, leurs rêves, leurs ambitions et leurs projets à venir.

janvier 2021

Bruno Oger

  • Deux étoiles, tout simplement !
  • A 12 ans, Bruno Oger avait déjà en tête d’atteindre la plus haute distinction gastronomique. Après une première escale à l’hôtel Le Cardinal à Belle île, puis au Château de Locguénolé à Hennebont, ce Breton d’origine, vogue vers son étoile du Nord, en devenant le second de Georges Blanc à Vonnas, ; il a 21 ans.

A 12 ans, Bruno Oger avait déjà en tête d’atteindre la plus haute distinction gastronomique. Après une première escale à l’hôtel Le Cardinal à Belle île, puis au Château de Locguénolé à Hennebont, ce Breton d’origine, vogue vers son étoile du Nord, en devenant le second de Georges Blanc à Vonnas, ; il a 21 ans. Pour le chef bressan aux 3 étoiles, il prendra alors la barre du Normandy à l’hôtel Oriental de Bangkok, un des plus grands palaces du monde, avant d’être rappelé à ses côtés. Mais c’est sur la Côte d’Azur que son rêve se réalise, grâce à la Villa des Lys, sur la Croisette, où il obtiendra sa première étoile en 1997, suivie d’une deuxième trois ans plus tard. Contre vents et marées, il y a 10 ans, à l’aube du Festival de Cannes, ce chef qui réalise les dîners officiels de la sélection cannoise s’émancipe et établit son vaisseau amiral dans une bâtisse à l’abri des regards au Cannet. Parrainée par Anne-Sophie Pic et Georges Blanc, la Bastide de Bruno Oger tient toutes ses promesses. Dix mois à peine après sa création, c’est la consécration, le chef décroche ses 2 étoiles à la Villa Archange.Voyage culinaire en diagonale entre la Bretagne et la Méditerranée, la cuisine de Bruno Oger regorge de saveurs qui ravivent les souvenirs de la Thaïlande, chère à son cœur comme son plat signature, le dos de loup citron-citronnelle. « Le plus difficile n’est pas de réussir un plat, c’est de le maintenir à ce même niveau d’excellence à chaque fois », confie-t-il.C’est sûrement là le secret de sa longévité, être animé de la même passion, de la même rigueur, de ce même désir pour son métier. En 30 ans, il a su conserver ce supplément d’âme nécessaire à la créativité et évoluer vers une cuisine plus végétale, plus légère et dont les jeux de texture sont, pour lui, l’enjeu de la gastronomie moderne. « Le plat le plus merveilleux, c’est le plat le plus simple, assure-t-il. La cuisine actuelle demande plus de précision dans les cuissons et impose le mariage de deux ou trois saveurs, pas plus. » Dans sa petite maison traditionnelle comme il la nomme, au-delà d’une cuisine d’exception, c’est une multitude de petites choses qui suscitent une émotion globale. « Le pain, le beurre, le lieu où l’on déguste son plat sont autant de petites attentions qui permettent de rendre l’instant magique. »

Par Carolyn Paul

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Photo Jean-Michel Sordello