Extension en mer Monaco

Extension en mer

 
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La Principauté devrait s’élargir de 6 hectares entre l’hôtel Fairmont et le Grimaldi Forum. Un espace gagné sur l’eau avec des habitations, des commerces, des bureaux et un port.

À Monaco, il n’y a sans doute rien de plus précieux que les kilomètres carrés. Cerné par Roquebrune-Cap-Martin, Beausoleil et Cap-d’Ail, le pays a la plus grande densité de population au monde. Et selon le gouvernement, il faudrait 350 000 m2 de plancher supplémentaire par décennie pour soutenir sa croissance démographique. Mais sur place, il n’y a quasiment plus de terrain vide. On peut tout juste remplacer d’anciens bâtiments par des constructions plus hautes. Rogner des kilomètres sur la mer est donc un enjeu stratégique majeur pour le développement économique monégasque. « Ce projet permettrait une extension du territoire, dans le quartier du Larvotto, comme il y en a eu de nombreuses depuis 1872, date de la première extension de Fontvieille. La Principauté a ainsi gagné 25 % par rapport à sa superficie de l’époque, et mesure aujourd’hui 2,1 km2 », témoigne Jean-Michel Manzone, chef de projet au Département de l’Equipement, l’Environnement et l’Urbanisme.

 

Allure de presqu’île
À quoi ressemblera ce quartier maritime, qui devrait être livré au plus tôt à l’horizon 2025 ? À l’heure actuelle, impossible de le dire avec certitude. Sur les quatre équipes en lice, le Prince Albert II a dévoilé en début d’année le nom du candidat retenu : Bouygues Travaux Publics. Ce groupement, composé d’entreprises monégasques parmi lesquelles J.-B. Pastor & fils, et de cabinets d’architectes de renom comme Valode & Pistre, Renzo Piano et Alexandre Giraldi, dispose de 12 à 18 mois pour finaliser son projet. À défaut, c’est Vinci Concessions, deuxième sur la liste, qui prendrait le relais. Ce qui est certain, c’est que la presqu’île comprendra des immeubles de très grand luxe de 6 à 10 niveaux, ainsi qu’un port d’animation de quartier de 30 à 40 anneaux. « Il y aura jusqu’à 250 logements. La répartition entre habitations, bureaux et surfaces commerciales sera à l’appréciation du candidat, qui assurera la commercialisation du produit global », précise Jean-Michel Manzone.

 

Un défi urbain
L’un des aspects les plus spectaculaires de ce projet, qui fait partie des plus grands d’Europe à l’heure actuelle, sera la construction d’une immense dalle sous-marine à 20 mètres de fond. Bouygues TP financera l’intégralité de l’opération, dont le coût est estimé à 1 milliard d’euros. En contrepartie, il aura le droit de construire et de commercialiser environ 60 000 m2 de surface. Cette extension prendra place entre deux sites marins exceptionnels, la réserve du Larvotto et le tombant des Spélugues. « Elle devra être exemplaire en matière de développement durable et de respect de l’environnement, ajoute Jean-Michel Manzone. Les constructions devront être labellisées pour l’optimisation énergétique, prendre en compte le rejet des déchets, des eaux usées… ». Rappelons qu’en 2008, un projet plus vaste avait été abandonné en raison de garanties insuffisantes pour la faune et la flore. Ce nouveau quartier sera peuplé d’espaces verts et assurera la continuité de la promenade littorale.

 

Par Tanja Stojanov

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