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PORTRAITS

We feature artists, Michelin-starred chefs, designers, racing drivers, fashion designers and even beekeepers. All of them all movers and shakers in their field of endeavour, be it the luxury world or the region's cultural, economic or social spheres. Read their unfiltered accounts of their lives, careers, dreams, ambitions and projects.

April 2022
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Promoting women’s entrepreneurship

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Maty Diouf est adjointe au maire de Nice, déléguée à la lutte contre les discriminations, aux droits des femmes, aux actions humanitaires et aux solidarités internationales. Magali Altounian est, elle, adjointe déléguée aux institutions européennes et au rayonnement de la ville.

Parlez-nous des freins que rencontrent les femmes dans le monde de l’entreprise…
Maty Diouf - S’il y a eu des avancées, on sait que statistiquement les femmes continuent de se charger davantage de la vie de famille et des tâches ménagères. Elles occupaient déjà les emplois les plus précaires et à temps partiel, et cette situation s’est aggravée avec la crise sanitaire. Créer une entreprise nécessite qui plus est de prendre du temps pour développer son réseau, et elles peuvent aussi souffrir d’un problème de légitimité.
Magali Altounian - Quand elles osent sauter le pas, le deuxième frein est celui de la levée de fonds, car elles obtiennent souvent moins facilement des prêts. Ensuite, il y a également ce plafond de verre en matière d’évolution de l’entreprise et d’accès aux postes de direction, indépendamment des diplômes. Ainsi, si 50 % des personnes actives sont des femmes, elles ont pourtant une rémunération inférieure de 29 % à compétences égales selon un rapport de l’INSEE en 2020.

Quelles actions ont été menées à Nice pour tenter de faire évoluer la situation ?
M. D. - Eh bien je suis toute l’année engagée en tant que femme et élue pour l’entrepreneuriat féminin avec le soutien de notre maire, sachant que la délégation au droit des femmes a été créée depuis 2014. Nous avons un Plan d’action pour l’égalité des hommes et des femmes dans la vie locale. La Ville de Nice est aussi très active avec la Métropole Nice Côte d’Azur. Nous travaillons avec Initiative Côte d’Azur, qui accompagne et finance la création d’entreprises grâce à des prêts à 0 %, et BPI France, qui agit avec les collectivités pour accompagner des talents dans la formation de projets.
M. A. - Nous sommes mobilisées aux côtés d’associations et par le biais des partenariats public-privé. Afin d’apporter un éclairage sur les entreprises dirigées par des femmes, nous avons ainsi accueilli plusieurs événements comme Elle Active en 2018, avec des workshops pour favoriser le partage d’expériences, et nous travaillons aussi avec le réseau Femmes Chefs d’Entreprises. L’an passé, le 23e congrès national des FCE a ainsi rassemblé plus de quatre cents cheffes d’entreprises à l’Opéra de Nice.

Qu’en est-il pour le secteur du numérique, devenu un enjeu central ?
M. A. - C’est un univers qui reste encore assez masculin et trop fermé aux femmes. S’il n’y a que 34 % de femmes à la tête des entreprises, ce chiffre tombe à 26 % dans le secteur du numérique. Nous avons ainsi participé à des actions comme « Elle est fada du NoCode en Méditerranée », un projet inclusif pour aider les entrepreneuses à sauter la barrière digitale, et nous allons rencontrer des women coders au Wagon, qui a lancé une formation 100 % féminine fondée sur la mixité sociale.
M. D. - Nous avons visité aussi le groupe Orange, qui a développé plusieurs programmes d’inclusion avec des témoignages de femmes, dans ces métiers très techniques liés à la 5G. La Ville de Nice a mis en place des processus pour encourager la mixité dans tous les métiers. La sensibilisation, l’éducation et la pédagogie permettent de faire bouger les lignes. C’est un travail qui s’inscrit de façon complémentaire avec les actions de nos partenaires comme les FCE ou de coups de projecteurs donnés comme les Trophées des Femmes dirigeantes de COTE Magazine.

Que dire à ceux qui considèrent que l’égalité hommes-femmes est déjà acquise ?
M. D. - Qu’il reste encore beaucoup à faire et je pense ici au chiffre avancé par le Forum économique mondial, celui de 2186 pour l’égalité salariale si l’on continue à cette vitesse ! Notre objectif est donc de déclencher une prise de conscience, avec les associations et entreprises pour le bien de la cité.
M. A. - S’il y a eu des avancées, la question semble toujours se poser quand il y a des renouvellements à la tête des entreprises. Maty Diouf a donc fait le choix de montrer des actions positives. Elle prône la diversité et l’intergénérationnel, et je peux en témoigner à titre personnel car avec son expérience elle m’a guidée depuis mon arrivée. Le slogan des FCE n’est-il pas d’ailleurs : « Seules nous sommes invisibles, ensemble nous sommes invincibles ». C’est ainsi une addition de talents et de compétences.

Tell us about the obstacles encountered by women in the business world...
Maty Diouf - There has been progress, although
we know that statistically, women continue to be more responsible for family life and household tasks. They already worked in more precarious and part-time jobs, and this situation has grown worse with the health crisis. What is more, starting a business requires time to develop a network, and they may also suffer from a problem of legitimacy.
Magali Altounian - When they dare to take the plunge, the second obstacle is raising funds because they often find it harder to get loans. Then there is also the “glass ceiling” in corporate development and access to management positions, regardless of qualifications. Although
50% of working people are women, they are paid 29% less for equal skills, according to a report by INSEE in 2020.

What actions have been taken in Nice to try to bring change?
M. D. - I am involved throughout the year as a woman and elected representative for women’s entrepreneurship with the support of our mayor—the delegation for women’s rights founded in 2014. We have an Action Plan for Equality of Men and Women in Local Life. The City of Nice is also highly active with the Métropole Nice Côte d’Azur. We work with Initiative Côte d’Azur, which supports and finances the creation of businesses with 0% loans, and BPI France, which collaborates with the local authorities in supporting talent in project development.
M. A. - We are mobilised alongside associations and through public-private partnerships. To shed light on businesses run by women, we have hosted various events such as Elle Active in 2018, with workshops to encourage experience-sharing, and we also collaborate with the Femmes Chefs d’Entreprises network. Last year, the 23rd FCE national congress brought together more than 400 women entrepreneurs at the Opéra de Nice.

What would you say to those who consider that gender equality has already been achieved?
M. D. - There is still much to do. The year put forward by the World Economic Forum for equal pay if we continue at this rate is 2186! Our objective is to raise awareness, alongside with associations and businesses, for the city’s good.
M. A. - The question always seems to crop up when there are changes at the top in business, although there has been progress. Maty Diouf has therefore chosen to show positive actions. She advocates diversity and intergeneration, and I can personally testify to this because, with her experience, she has guided me since my arrival. The FCE slogan is: ‘Alone we are invisible, together we are invincible.’ It’s an addition of talents and skills.