Elle a été championne de France, d’Europe, olympique (2012) et du monde (2013) en kayak slalom. Un palmarès fait des plus hautes distinctions, mais il ne faudrait pas s’y tromper. « On m’a longtemps dit que je refusais la confrontation, que je n’étais pas faite pour la compétition. Quand on voulait me motiver en me disant “tu dois être la meilleure” ou des phrases du genre “tu vas toutes les manger”, cela m’inhibait. Moi qui adore être dans l’eau, naviguer, ce qui m’intéressait avant tout, c’était de voir ma valeur brute, sans besoin de me comparer », lance Émilie Fer, marraine de cette édition 2026 et qui, après une brillante carrière sportive, est désormais coach de vie. L’aventure du sport de haut niveau est faite de hauts et de bas, avant d’arriver au top des classements. Et ce n’est pas toujours la meilleure qui gagne, parfois les circonstances sont défavorables : « Les résultats peuvent se faire attendre et la blessure fait partie des aléas. J’ai dû me faire opérer de l’épaule, car c’est une articulation très sollicitée en kayak et, à un moment, il n’y a plus eu d’autre choix. C’était en 2009, puis il a fallu retrouver mon niveau d’avant. Ce sont des remises en question quotidiennes ».
Adolescente, Émilie Fer avait commencé le kayak à la Colle-sur-Loup, dans un club où les féminines avaient même plus de résultats que leurs homologues masculins. Sauf que les choses ont vite changé en montant de niveau : « Là, les catégories n’étaient plus équilibrées, il y avait trois équipes de garçons pour une équipe de filles ; on ressentait qu’on n’était pas prioritaires sur l’eau. Jusqu’à mes premiers JO, où pour la préparation j’étais la seule femme, donc dans un univers très masculin. Heureusement tout ça évolue et les JO de Rio en 2016 ont été les premiers presque à parité », raconte l’ancienne sportive, maman de deux enfants et qui a créé avec son compagnon et ancien entraîneur l’entreprise de coaching ESsens (pour Émilie et Sylvain).

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