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Arpentez Paris, Berlin, Bangkok, Bilbao, Yangon. Ouvrez les yeux ! Leurs murs, les portes et renfoncements sont les supports de ce qui, parfois, sont des œuvres d’art… Et Arles ne fait pas exception.
Il y eut les inondations de 2003 et la triste fin, étape par étape, de l’exploitation de l’usine Lustucru. Devenu le temple des graffeurs de la région, ses milliers de mètres carrés de murs vierges ont recueilli toutes les formes d’expression du street art. Première étape de la colorisation des murs d’Arles, jusqu’à son centre-ville. Loin d’en faire une imperfection, la ville en a fait un médium, une tribune libre d’artistes contemporains. Cultures Nomades Productions a même créé un festival annuel. In Situ accueille chaque été depuis plus de 10 ans des artistes internationaux qui habillent l’urbain et le rural de la capitale de la Camargue. Aujourd’hui, des blazes arlésiens sont reconnus, tels Dipo, les Frères Barré, même si leur communication reste confidentielle. Les artistes voient la rue comme un large espace innocent pour réaliser leurs œuvres et non plus uniquement comme un espace de contestation. La valeur subversive n’est plus la motivation première, tout en restant présente pour la dose d’adrénaline nécessaire. Et ainsi sont-elles habillées de papiers déchirés, de pochoirs, de fresques colorées par les aérosols. En compagnie de la photographe Solange Haccart, les yeux se posent, çà et là. Son objectif saisit le moindre détail. « J’aime photographier les murs du monde, ils me racontent des histoires de couleurs, de signes, de mots, de graphisme, de symboles, d’identité… Autant de messages où la création domine et témoigne du présent. » Si le street art demeure un art souvent utilisé pour détonner en affichant des positions sociétales, en véhiculant des messages, en performant sans autorisation et sans limites, il est de plus en plus adoubé et accompagne nos déambulations urbaines !
Par Valérie Rouger
Photo : Solange Haccart

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