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Un peu de hauteur pour mettre de la couleur. |
Pour un ado, la campagne châlonnaise respire l’ennui. La colorier, entre potes, avec de rutilants graffitis, sentir l’adrénaline lors de courses-poursuites avec les forces de l’ordre sont d’efficaces parenthèses anti-monotonie. Un blaze – « que je garde secret » – signe alors quelques graffitis gais et imagés avec l’envie de casser l’uniformité rurale. Parti vers Avignon pour ses études, Damien y exerce durant dix ans le métier de travailleur social. La proximité du « pire », au milieu des exclus, des détenus, conforte la douceur, la rondeur de sa peinture. Son exutoire. « Nous ne sommes pas seulement là, nous autres artistes de rue, pour désigner ce qui ne va pas. Nous devons aussi amener le rêve, une vision du beau, de la lumière. Poser la couleur dans un monde un peu gris, c’est une revendication. » Il devient GoddoG. L’influence des cubistes est forte – Delaunay, Léger, Matisse, Cocteau, Picasso – et côtoie le futurisme italien, le Bauhaus, et Di Rosa et Combas pour le côté un peu punk, rock. « Je digère tout ça, en fais ma propre histoire. Je ne suis absolument pas un “artiste maudit”. Je veux amener le rêve, l’onirisme. » Son univers se situe aux frontières de l’art urbain, de l’abstraction et de la figuration libre. Des fresques à grande échelle aux toiles exposées en galerie, il se passionne de ses collaborations avec les architectes. Désormais, il ne se cache pas lors de ses interventions, s’amuse aussi de « distraire » le public qui le voit faire. Performances sauvages et performances « commandées », il aime !
Galerie L’Appartement,
Marseille 6e
Instagram : -goddog-
Par Valérie Rouger

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