Corinne Martin & Katia Pradat-Guillon

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Photographie Jean-Michel Sordello

Au CHU de Nice, ce binôme d’infirmières aide à lutter contre les douleurs chroniques notamment grâce à la neurostimulation, à travers un protocole de coopération mis en place avec les médecins.

On les surnomme les sœurs jumelles. « Katia incarnant un peu dans notre binôme le clown blanc, la sagesse, et moi l’Auguste, celle qui fait rire », témoigne Corinne Martin, qui œuvre avec sa collègue depuis près de 10 ans au Département d’Évaluation et de Traitement de la Douleur du CHU de Nice. Une catégorie de soins qui s’est notamment développée à partir des premiers Plans Douleur au tournant du XXIe siècle. Ici donc, le premier enjeu est d’identifier la douleur : « Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur, c’est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en ces termes. D’où la difficulté de prise en charge, car il s’agit de gérer quelque chose que la personne ressent et qui n’est pas systématiquement lié à une lésion visible », précise Katia Pradat-Guillon. Ces deux infirmières sont au chevet de patients présentant une douleur chronique. « Nous n’intervenons pas sur les douleurs aiguës liées à un traumatisme, généralement intenses et brèves, mais sur celles qui durent au-delà de trois mois voire des années, poursuit Corinne Martin. Il y a souffrances qui peuvent être invalidantes. On peut citer l’algie vasculaire de la face et la lomboradiculalgie, qui est devenue le mal du siècle bien que tout le monde n’ait pas mal pour les mêmes raisons. » Pour ce faire, elles utilisent notamment la neurostimulation, des soins réalisés à l’aide d’électrodes de plus en plus valorisés.

Faire gagner du temps au neurochirurgien
« Les chercheurs et médecins ont constaté qu’en induisant des impulsions électriques qui parasitent le message douloureux, il pouvait y avoir un effet antalgique », ajoute Katia Pradat-Guillon. Le binôme a ainsi mis en place un protocole de coopération afin d’intervenir après l’implantation du matériel de neurostimulation médullaire ou occipitale par le chirurgien, un dispositif différent de la neurostimulation cérébrale profonde. « Après l’opération, nous créons des réglages avec le patient pour couvrir la zone douloureuse. Nous cherchons les paramètres qui conviennent afin d’induire une sensation agréable et apporter un soulagement. Grâce à cette délégation de tâche, nous pouvons ainsi optimiser le fonctionnement du matériel implanté. Lorsque nous rencontrons des difficultés, l’avantage est
que nous pouvons travailler en binôme et que l’équipe médicale est toujours disponible en cas de besoin », s’enthousiasme Katia Pradat-Guillon. Un accompagnement qui permet de diminuer la douleur et d’apprendre à vivre avec elle, et ainsi d’améliorer la qualité de vie, du sommeil et même parfois une reprise de l’activité professionnelle. Ce faisant, ces deux infirmières sont ainsi un élément ressource de l’équipe pluridisciplinaire de ce Département, devenu si incontournable au CHU de Nice. 

Par Eve Chatelet

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