Comte & Vollenweider

 
 Comte Vollenweider
 

L’architecture qu’ils défendent est dédiée à ses usagers et à tous les citadins qui évoluent autour d’elle. Rencontre avec les lauréats du Prix logement collectif du Concours ArchiCOTE 2015.

 

Le long de la voie Mathis à Nice, votre regard s’est peut-être un jour posé sur cette bâtisse d’un bleu remarquable, aux façades habillées de tôle dorée. Une résidence baptisée Le Cédrat, véritable clin d’œil à l’École de Nice et à l’œuvre d’Yves Klein, et pour laquelle Pierre-André Comte et Stéphane Vollenweider ont été distingués par le concours ArchiCOTE. Les nombreux projets imaginés par ces architectes interpellent. Ils sont comme des sculptures qui reflètent la lumière à l’intérieur de la cité. À la tête d’une agence d’une dizaine de personnes à Nice, ils évoquent leurs premiers pas dans le métier sur la Côte d’Azur : « Au début des années 2000, nous avons pu participer à des concours pour des marchés publics ouverts à de jeunes architectes sans références personnelles. Cela a été une chance pour toute une génération », se souvient Pierre-André Comte.

 

Jouer sur une approche modulaire
Le premier grand projet de leur agence dans le domaine public ? La Cité artisanale de Valbonne, avec ses 25 hangars fédérés autour d’un cœur d’îlot arboré. « La phase de concertation avec les artisans était essentielle, car un bâtiment prend vie avec ses usages. L’idée était aussi d’ouvrir un dialogue entre le neuf et son environnement, une forêt de chênes centenaires », témoigne Stéphane Vollenweider. « Nous avons créé des ateliers de 100 m2 pouvant s’associer par deux ou par trois, ajoute Pierre-André Comte. Et nous nous interrogeons toujours sur la façon de mettre en œuvre un projet public avec des matériaux bruts, peu onéreux, auxquels nous pouvons apporter une préciosité. » S’il est des constructions comme le Hangar 16 de l’aéroport de Cannes-Mandelieu, où ces architectes ont invité des courbes, ils font toujours la part belle aux angles droits, jouant sur l’inattendu. Ici, les croisements de toit laissent entrer le soleil. La géométrie devient une poésie.

 

Contraste entre le chaud et le froid
« Pour Le Cédrat, nous étions sur une parcelle triangulaire fermée et en pente. Il fallait aussi résoudre le problème des nuisances sonores pour les futurs locataires », poursuit Pierre-André Comte. Les deux confrères vont alors chercher des vues latérales sur les montagnes et le paysage, en développant sur les côtés des jardins d’hiver offrant une protection thermique. Un aspect pavillonnaire qui contraste avec la verticalité de la façade principale, dynamisée par des ouvertures secondaires. Sa tôle ondulée en aluminium brossé offre un aspect chaleureux en l’absence de lumière directe, et flamboyant lorsqu’elle est éclairée. Un principe qui, appliqué à une autre échelle, donne une énergie incroyable au projet Home que l’agence a mené à Paris, cette fois pour 200 logements. « Nous avons joué ici sur le rapport entre deux typologies de bâtiments, avec un premier gradin qui ancre le projet au sol, comme un signal pour terminer la rue de France, et une tour qui monte sur 50 mètres, grâce à une superposition de dalles qui évoque un millefeuille », conclut Stéphane Vollenweider. Comme des maisons superposées, ouvertes sur l’extérieur et s’élevant dans les airs.

 

Par Tanja Stojanov

Fondées en 1987, Les Éditions COTE sont le fruit d’une aventure familiale qui dure depuis plus de 39 ans. Les magazines, dédiés à l’art de vivre et au luxe en Provence et sur la Côte d’Azur, mettent en avant le territoire et les acteurs de notre belle région.