Charles Carmignac

Le rêve d’une île

Entre terre et mer… Dans la Villa qui raconte l’engagement artistique de la Fondation Carmignac, cet hôte très attentif au monde le réinvente, le partage dans une dimension inspirante, spirituelle et inédite !

Par Caroline Guiol

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© Jean Picon

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Miroitement flottant à ciel ouvert, le bassin de la Villa et son plafond en transparence. © Laurent Lecat

Léger » dehors, un physique rimbaldien, de la douceur dans l›air… « Poids lourd » dedans, entre ses passions de toujours et une île conquise par ses attentions. Directeur de la Fondation Carmignac dès 2017 (une collection d›art contemporain de plus de 300 œuvres, le Prix du Photojournalisme), puis de la Villa éponyme et lieu d’exposition créés sur l’île de Porquerolles en 2018, Charles Carmignac fédère évènements et actions exemplaires. Respectueux des artistes, de l’environnement, du droit à la différence. Un être qui détone, à l›éclectique parcours : auteur, ex-journaliste, guitariste accompli (20 ans de musique avec ses copains d’enfance, au sein du Groupe Moriarty, trois disques d’or), entrepreneur impliqué retroussant aussi ses manches dès qu’il embarque vers son île d’adoption. Là-bas, la grande collection invite le visiteur à s’ancrer au présent, pieds nus, pour vibrer au plus près de la terre : un moment rare, ludique et magnifique entre plages et vignes du Domaine de la Courtade, pour amateurs et collectionneurs. « L’île n’est pas un choix anodin. Comme dans tout mythe ou voyage initiatique, la traversée est toujours un double mouvement, l’un physique, l’autre mental. Il s’agit de passer sur l’autre rive. »

La première fois où vous avez accosté ici ?
C’était il y a sept, huit ans. Je me souviens des petites « veines », ces chemins de chèvres dans la végétation broussailleuse… Avec au bout, la mer, en cadeau. J’étais comme un Robinson.

Un « phare » culturel, une île-éden, y changez-vous d’« enveloppe » ?
Je me déleste plutôt… Tous les matins, à l’aube, je prends vélo, masque, tuba et je file me baigner. Au nord, je suis encore connecté au continent ; au sud, c’est le grand bleu. A la Batterie des Mèdes, à l’extrême-est, l’eau est encore noire, quasi-mystique, striée de rayons de lumière obliques et envoûtants.

Des sons qui vous rattrapent ?
Des notes organiques. Des oiseaux : faisans « vénérés », le jour ; piaillement du Petit-Duc, la nuit ou celui terrifiant du grand puffin cendré, qui niche dans les falaises. Mais aussi le ressac, le vent dans les feuilles et les mâts du port qui s’entrechoquent, le soir au port.

Une plante, un arbre, un goût ?
Les rares orchidées serapias sur lesquelles veille farouchement Louis Benech, merveilleux paysagiste de la Villa. J’avoue un faible pour le caroubier méditerranéen : on peut en récolter les fruits, pour une farine délicieuse dans les gâteaux ; et les petites graines ou carats, utilisés comme unité de mesure dans les civilisations antiques.

Venez-vous en d’autres saisons que l’été ?
Le rythme est régulier, presque un fantasme : toutes les deux semaines, dont une par mois en famille. Même un 15 août, Porquerolles offre à ceux qui savent les débusquer de belles et paisibles atmosphères de sous-bois…

Les rencontres in situ ont-elles fait cheminer en Vous, une autre philosophie de Vie ? On vous sait très attentif, engagé dans le développement durable et la transition écologique…
Cette île sublime, sa forêt préservée invitent à la méditation, à l’introspection, mais aussi à l’action pour leur protection. Tout ce qui vit ici en puissance, en présence, nécessite de l’attention. Ça nous pousse à développer des process pour l’eau, l’énergie, les déchets. Une convention de partenariat a ainsi été signée avec le Parc National de Port-Cros. L’attribution récente à la Villa du label Esprit Parc, va dans ce sens. En connexion avec cet environnement, nous réitérons notre soutien aux 20 ans du festival Jazz à Porquerolles. Une édition-anniversaire festive et joyeuse, avec trois concerts dans nos jardins, les 10, 11 et 12 juillet. Musique, esprit de troupe, scène, j’ai adoré ces moments intenses dans ma vie d’artiste !

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© Camille Moirenc

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Imaginés par le paysagiste Louis Benech, les jardins génèrent un équilibre subtil, où se côtoient espèces pionnières endémiques et végétaux plus rares, protégés. L’olivier y perdure son caractère agricole, dans un paysage en parfaite osmose avec l’architecture. © Camille Moirenc

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Pierre Gattaz

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