Le 8 Baquis, une première au niveau national
Engagé pour le respect des différences, le Centre d’accueil pour lesbienne, gay, bi, trans, queer, intersexe et asexuel dispose aussi d’un espace de consultations médicales à Nice.
Il y a d’abord eu le Centre LGBTQIA + Côte d’Azur, inauguré en 2011 près de la Place Garibaldi. Un lieu convivial d’écoute et d’aide administrative, où l’on entre en passant sous le drapeau arc-en-ciel. « Certains viennent nous voir parce qu’ils ont une question intime, qu’ils s’interrogent sur la prévention, qu’ils souhaitent se marier, qu’ils se sont fait harceler au travail ou qu’ils se demandent comment réagir face à l’annonce de l’homosexualité de leur enfant », explique Loïc Jourdan, bénévole et président de la structure. Puis c’est également le 8 Baquis qui a vu le jour en 2022 au sein du CEGIDD, Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic de 200 mètres carrés géré par le Département des Alpes-Maritimes. Objectif de cet espace de santé expérimental ? Mieux prendre en charge les patients LGBT, plus exposés au VIH et aux violences, plus éloignés du système de soins, en proposant des consultations adaptées. « Toute personne peut y bénéficier d’un accompagnement individualisé avec une équipe de professionnels de santé formés », se réjouit Erwan Le Hô, salarié et coordinateur des deux espaces.
Une posture très universelle
Première de ce type en France, le 8 Baquis est un grand cabinet médical safe, inclusif et tourné vers la partie clinique. C’est un modèle qui a vocation à être répliqué. « Certains ne savaient vraiment pas vers où se tourner. En donnant un rendez-vous dans ce lieu où l’on maîtrise l’offre de soins, je vois du soulagement dans les yeux des personnes quel que soit leur âge. Nous recevons tous les patients, y compris ceux qui n’ont pas de carte Vitale ou mineurs à condition qu’ils soient accompagnés d’un adulte », poursuit Loïc Jourdan. En trois ans d’expérimentation, le lieu a accueilli une file active de plus de 1 800 personnes. Entre autres consultations, les défis à relever sur place restent majeurs. « Les populations LGBT sont plus exposées au VIH et nous avons un objectif zéro transmission pour 2030 tout comme l’ONU. Pour y parvenir, c’est un vaste travail de détail, il faut comprendre pourquoi ces populations restent exposées et tout mettre en œuvre pour qu’elles reviennent dans la prévention et dans un parcours de soins », précise Erwan Le Hô.
Accueillir les personnes trans
La réussite et l’efficacité de cette offre expérimentale ont incité le Département des Alpes-Maritimes, avec le soutien de l’ARS PACA, à pérenniser le 8 Baquis dès le 1er janvier 2025.
Un pari réussi donc pour le Centre LGBTQIA + Côte d’Azur ! « Certains patients se tiennent à distance ou sont en défiance parce qu’ils ont pu être confrontés par ailleurs à la maladresse de médecins ou infirmières n’ayant pas été formés pour cela, voire à l’homophobie ou la transphobie. Nous connaissons les spécificités de ces publics car nous en faisons nous-mêmes partie », ajoute Erwan Le Hô. L’une des difficultés principales aujourd’hui : l’accès aux soins pour les personnes trans. Beaucoup de professionnels connaissent encore mal ces enjeux ou ne disposent pas d’une prise en charge adaptée. Et Erwan Le Hô de conclure : « Les trois femmes médecins qui réalisent le suivi hormonal de personnes trans ici ont été spécifiquement formées. Proposer un suivi hormonal en CEGIDD, dans le cadre d’un accompagnement en santé plus global, est une innovation. Cela permet de faire revenir une population stigmatisée et fragilisée dans un circuit de soins et de prévention ».
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