La femme derrière Marsatac
À la tête de Marsatac depuis 1999, la directrice marseillaise a fait de son festival un laboratoire d’innovation sociale et culturelle, entre programmation pointue et engagement citoyen.
« Quand je repense à 99, le premier sentiment qui me vient, c’est la fierté. » 28 ans après une édition initiale 100 % hip-hop, celle qui a été élevée au rang d’Officier des Arts et des Lettres en 2023 n’a rien perdu de son élan. Elle voit dans ses distinctions une reconnaissance pour ses équipes. Car Marsatac est une aventure collective qui mobilise 800 personnes au Parc Borély. « On est Marseille », rappelle-t-elle. Cet ADN se décline toute l’année avec la Marsatac School, qui initie les jeunes des quartiers prioritaires aux métiers de l’événementiel : « C’est leur faire découvrir le festival et poser une petite graine citoyenne. »
L’engagement est viscéral. En 2021 naît Safer, un dispositif pionnier de prévention des violences sexuelles et sexistes (stand avec psychologues et avocats, maraudes et application géolocalisée) : « On s’est donné les moyens pour que chacun puisse faire la fête dans le plus grand respect ». L’outil a depuis essaimé dans près de 300 festivals en France. Pour Béatrice Desgranges, les festivals sont des éclaireurs : « Nous sommes un laboratoire, nous expérimentons des actions qui inspirent les politiques publiques de demain ». Engagé dès 2008 dans l’éco-responsabilité, Marsatac collabore aujourd’hui avec le ministère de la Culture pour faire évoluer les réglementations. L’édition 2026 a confirmé cet élan avec un samedi complet et un dimanche inédit en famille à 15 euros, mêlant la Marsatac School et des collectifs locaux. « J’avais envie que ce soit la fête des Marseillais ». Face aux embûches, sa conclusion fuse : « Voir la force de cette équipe et tout ce monde embarqué, c’est ça, ma fierté ».

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