Dénicheur de chefs-d’œuvre
« Mon père me disait de ne jamais acheter un tableau si je n’avais pas envie de vivre avec lui ! », se souvient Baptiste Lopez, qui a lancé la Mala Gallery, rue Ségurane à Nice, en septembre 2025. Pour ce galeriste de 34 ans, qui porte dans les foires – d’Art Paris à Antica Namur – les joyaux qu’il débusque en salle de ventes ou auprès de particuliers, il y a toujours au départ cette sincérité, ce sentiment de beauté qui fait que devant les œuvres, on se trouve submergé. Hartung, Bergman, Georges Mathieu, Serge Poliakoff, Jean Degottex… le passionné se met en quête de l’histoire de ses trouvailles, pour les mettre en récit. « Vous n’imaginez pas combien ce métier donne lieu à des rencontres, et l’on peut rester des heures à parler d’une toile, de la vie de son créateur et des liens qu’on peut établir avec d’autres artistes », se réjouit le passeur d’histoires. Sa relation avec l’art a surgi d’un élan familial : « Venu de Lituanie, mon arrière-grand-père Arbit Blatas était peintre et sculpteur de l’Ecole de Paris et mon arrière-grand-mère Sylvia Satenstein avait une galerie rue du Faubourg Saint-Honoré. Ma mère a travaillé avec elle dès ses 16 ans et mon père à la fin de sa vie est devenu aussi marchand d’art. Il a vendu beaucoup d’œuvres de Raoul Dufy et je voyais, enfant, de belles signatures au mur ».
Son diplôme de commerce et d’histoire de l’art en poche, le Parisien a cheminé jusqu’à la galerie Hurtebize à Cannes, affinant et affirmant son goût. « Puis j’ai eu le désir de créer ma galerie et comme j’avais rencontré ma femme, cagnoise, j’ai décidé de fonder la Mala Gallery à Nice, une ville que j’associe à des institutions prestigieuses comme l’ancienne galerie Sapone ». Le premier tableau acheté par Baptiste ? Un Hartung, puis d’autres grands noms ont suivi. « Après une exposition sur Bernard Frize, je savais que je voulais en acheter un, et j’en ai trouvé six ! », poursuit le galeriste, qui crée des ponts entre la Seconde Ecole de Paris et la création contemporaine. Parmi ses coups de cœur aussi : les logogrammes du Belge Christian Dotremont, créateur de poèmes peints, et des figures coréennes comme Kim Tschang-Yeul et Ha Chong-Hyun.

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