Bandol

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L’amphitheatre de Bandol / © AOC Bandol

On classe volontiers les bandols dans les grands vins. C’est justifié. Ce sont des vins de terroir qui ont su rester authentiques. Visite du vignoble de l’apéritif au dessert…

Comme chez les voisins de Marseille et Cassis, on cultive la vigne sur ce pays de restanques depuis les premières heures, lorsque les Phocéens ont importé la viticulture en Provence vers 2 600 ans avant J.-C. Et pourtant, les bandols ne sont entrés dans la grande famille des AOC qu’en 1941, en dépit de leur âge canonique. L’étendue de l’appellation couvre huit communes mais pourquoi avoir choisi Bandol comme nom de baptême au détriment de Sanary-sur-Mer, Le Beausset, Evenos ou Ollioules ? « Tout simplement parce que c’était le port d’embarquement des vins. Ils partaient en bateau pour Marseille, sur des tartanes, embarcations à fond plat, avant de voguer vers les colonies », raconte Pascal Perier, qui travaille depuis plus de 25 ans à l’histoire des lieux. C’est lors de la seconde moitié du XVIIIe siècle que Bandol gagne en notoriété car les breuvages qui sont produits sur ces collines ponctuées de vignes, pinèdes, oliveraies et cultures maraîchères, sont aptes à résister aux voyages de plusieurs mois sans virer vinaigre ; on en parlait comme de vins de cote, puissants et aptes au vieillissement, des qualités qu’on retrouve aujourd’hui au fil des millésimes.

Toujours plus rosé
Le bandol tire sa noblesse de sols arides et pauvres ; c’est le mourvèdre, autrement appelé mataro à Chypre ou monastrelle en Espagne, qui a trouvé ici son lieu de prédilection, « à la fin du Moyen-Age, période de son introduction en Provence », relève Pascal Perier. Cépage rustique de maturité tardive, le mourvèdre est souvent vendangé en dernier car il a besoin de maturer au soleil : le cahier des charges prévoit un usage de 20 % à 95 % dans les assemblages de rosé et de 50 % à 95 % pour les assemblages de rouge. Connu pour ses magnifiques robes rubis ou pourpre évoquant les retours de chasse, l’automne et ses paniers de champignons respirant l’humus, Bandol a vu s’accroître la part des rosés ces dernières années, le succès commercial tant en France qu’à l’export expliquant ce grignotage des parts de marché. « Ils pèsent pour 72 % de la production, contre 22 % pour les rouges et 5 % pour les blancs », détaille le président de l’association des vins de Bandol, Guillaume Tari. Ici, on sait faire des rosés structurés et aptes au vieillissement. Jeunes, on les savoure frais et fruités et, les années passant, ils développent des tons ambrés, orangés avec des arômes complexes de muscade ou de cannelle.

Héritage séculaire
Appréhender l’âme de Bandol, c’est aussi aller à la découverte de ses blancs élaborés essentiellement à base de clairette, ugni blanc et bourboulenc. Les vignerons prennent plaisir à surprendre dans cette couleur, discrète par le volume produit. Ces blancs sont issus de vignes souvent exposées au nord, qui respirent l’air vivifiant des entrées maritimes, les embruns conférant une saveur iodée qui exacerbe leur fraîcheur. Les attaques sont franches, ce sont des vins harmonieux et complexes révélant tout à la fois des fleurs blanches d’amandier, des agrumes et fruits exotique, sans oublier les agrumes pour la tension finale. Le miracle de cette appellation typiquement provençale réside dans le contraste entre ces sols pauvres et ravinés et l’élégance raffinée de ces vins, souvent de garde, qui enchantent les dîners. Le talent des vignerons y est pour beaucoup, un héritage fragile qui se transmet depuis des siècles avec rigueur et passion.

Par Pierre Psaltis

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