

Belle ascension pour le Salon international d’art contemporain de Marseille. Dans le cadre de la clôture de MP 2018, le Salon s’étendra sur 4 000 m2 à l’étage de l’emblématique Hangar J1, à la Joliette.
L es onze précédentes éditions se sont tenues dans l’ancienne Cartonnerie au rez-de-chaussée de la Friche Belle de Mai. Jérôme Pantalacci, directeur d’Art-O-Rama depuis sa création, est rejoint cette année par Véronique Collard-Bovy. Ils signent dans la continuité de MP2013 un bel élargissement de leurs horizons. Art + organise conjointement une vaste exposition du surprenant tandem Berdaguer & Péjus, plasticiens travaillant à Marseille au niveau supérieur de la Friche et sur le toit dans la salle du Panorama. L’art contemporain aurait-il enfin acquis droit de cité dans la plus vieille ville de France ? Tout porte à le croire. Ce fut le rêve autrefois, entre autres, du regretté Roger Pailhas dont en quelque sorte Art-O-Rama hérite. C’est aussi le fruit des efforts d’acteurs culturels ambitieux pour leur ville en tant qu’élus, membres d’associations, de fondations ou de médias partenaires, mais aussi à titre individuel comme collectionneurs ou mécènes. Pour cela Marseille montre un certain génie, c’est dans son ADN de ville portuaire, pionnière. L’articulation de l’événement au Hangar J1 reste la même que les autres années, avec une plus grande ouverture. Sur la trentaine de galeries, il en est de réputation très assise, habituées des grandes foires, et d’autres émergentes. Elles viennent de Los Angeles, Londres, Glasgow, Cluj-Napoça, Bruxelles, Cologne, Berlin, Milan, Turin, Florence, Beyrouth, Vienne, Lisbonne et, bien sûr, de Marseille et Paris. La Villa Noailles s’ajoute à ce panel de professionnels qui prospectent ce qui se fait de plus prometteur. Le salon réserve toujours un large espace d’exposition à un(e) jeune artiste invité(e) : cette année, c’est Delphine Wibaux, sélectionnée par les galeries participantes du salon de l’an passé. Son regard est transdisciplinaire. Par l’observation de la nature du microcosme au macrocosme, du minéral au vivant, du passé au présent elle nous fait découvrir des processus d’interactivité qui témoignent de la globalité de notre appartenance au monde. Pour notre émerveillement, l’esthétique se marie ici à la science. Le showroom est sous la gouvernance de l’Italien Stefano Collicelli Cagol, écrivain, critique, attaché comme curateur à la Biennale Artissima de Turin et retenu pour un commissariat à la quadriennale de Rome en 2020. Il pilote la prestation de quatre artistes dont la pratique ou l’enseignement s’est effectué sur notre territoire. Ils sont soit élèves d’une des écoles d’art de la Région ou bien artistes en résidence. Ce sont Jonathan Vidal, Virginie Sanna, Tzu Chun Ku, Gillian Brett, cette dernière, diplômée de la Villa Arson, fut lauréate en 2016 du prix Dauphine. Votre visite vous fera retrouver ou découvrir six maisons d’éditions d’art. Avec l’association Montevidéo, la Fondation Paul Ricard propose colloques, conférence et débats. Cette année, au J1 on embarque pour l’Art contemporain.
Du 31 août au 2 septembre
Par Gérard Martin
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