Arik Levy

En 35 ans, il a dessiné du mobilier pour Living Divani, Punt, Baccarat, Vitra et tant d’autres, et porte à l’international une vision transversale du design, ouverte sur l’art.

Arik Levy a déménagé tous les meubles et sculptures de sa maison à Paris pour venir vivre dans le Sud, au pied du village historique de Saint-Paul. Un havre de verdure, pratique car proche de l’aéroport, où sa grande table en Quartz Compac® a pris place en véranda et ses Rocks au jardin. Des œuvres aux dimensions monumentales, qui incarnent à travers leurs différentes parties l’équilibre et la complémentarité. « J’ai commencé par l’art et participé à ma première exposition collective à 23 ans », se souvient cet inventif, né à Tel-Aviv en 1963. A cette époque, on ne parlait d’ailleurs pas de design comme ça à tout bout de champ. En autodidacte, il commence par fabriquer des objets pour lui-même, utiles avant tout. Rêvant de surfer les lignes de houle aux quatre coins du globe, il imagine sa première combinaison, refait l’aileron de sa planche et la customise. « Je faisais du graphisme et on n’avait pas d’ordinateurs comme aujourd’hui, alors on faisait les dessins à main levée », raconte l’artiste, qui a complété sa formation à l’Art Center College de La Tour-de-Peilz. Diplômé en 1991, il entame dès lors une carrière internationale dans le design industriel, créant pour d’autres marques ou pour son propre studio. La signature visuelle d’Arik Levy : le minimalisme, les facettes et la ligne, à l’évidence.

Réinventer la tradition du cristal

« J’ai créé énormément d’objets, travaillé dans le luxe comme dans le modeste, et ma motivation a toujours été de savoir comment améliorer la vie de tous les jours et faire avancer l’industrie », confie le designer. En 2013, lorsqu’il collabore avec la Maison Baccarat, l’une de ses premières démarches est ainsi d’aller voir les équipes de R&D pour comprendre quelles machines ont été commandées, quels seront les outils de production de demain. « J’ai même pris rendez-vous avec le service comptable de la cristallerie pour comprendre à quel moment les produits devenaient trop chers. Quand il y a par exemple des bulles dans les verres, ils sont immédiatement jetés. On a donc créé un motif de gravure pour qu’il y ait le moins de défauts de production possible et dessiné une taille de tuiles optimale pour la nouvelle machine. Certains pensent qu’être designer c’est aller faire la fête à Milan, or c’est un métier. Un bon design repose sur une analyse précise, et la réflexion peut commencer sept ans avant la mise en production. Le futur dépendra donc de la sensibilité des jeunes générations, de leur faculté à comprendre le présent pour se projeter ».

Toolbox, une petite et grande solution 

Créateur d’espaces, Arik Levy s’est appuyé sur son expérience du mobilier pour repenser en 2003 le siège social de la société Cartier, à la demande de Vitra, soit 20 000 m2 pour 750 personnes. « Ce qui coûte le plus cher à une société, c’est le prix de location au m2, alors dans ce contexte, installer une table piédestal avec 3 à 4 tiroirs, dans lesquels on accumule crayons, stylos et colles avant de finir par les jeter, est une hérésie ». En supprimant ces rangements superflus, le designer a optimisé la fabrication des bureaux et permis un gain de 25 % d’espace personnel. En complément, il a imaginé une petite boîte à outils pratique et esthétique baptisée Toolbox, pour accueillir le matériel de chacun. « C’est un objet très fonctionnel et il y en a désormais dans la chambre de mes filles, dans ma cuisine, et l’on peut s’en servir dans la salle de bains. Je suis un grand partisan de la flexibilité, qu’un objet puisse être employé de façon différente et dans des contextes pluriels. Avec mes tuiles de cristal, on peut également créer des lustres, mais aussi des tables ou des éléments architecturaux, comme dans un système de fractales ».

Une sculpture comme objet poétique

L’art et le design s’inspirent mutuellement chez Arik Levy. En témoignent le canapé Hoop conçu pour Living Divani, à la structure évidée prévue pour les extérieurs, et la lampe Wireflow de chez Vibia, sculpture lumineuse devenue un classique dès le jour de sa sortie. « Si vous proposez à des artistes de réaliser une chaise, chacun fera la sienne à sa manière, et si à l’inverse vous demandez à des designers de créer un tableau, ils voudront d’abord savoir de quelle taille ? où sera-t-il placé ? pour quel usage ? Ce sont deux approches radicalement différentes. Pour autant, quand je vois un banc de Ramsès II, fait par un tailleur de pierre dans l’Antiquité, je ne peux m’empêcher d’être en admiration devant tant de beauté. Je n’ai donc aucun problème à créer des sculptures qui se déplacent, sous forme de sacs et bijoux, ou des sculptures d’usage, car un vase, ce n’est pas juste un objet utile pour mettre une fleur. Il peut porter toute une poésie et, si on enlève cette fleur, plutôt que de le ranger on peut avoir envie de le laisser sur la table », ajoute le designer, qui a enseigné à l’Ecole nationale supérieure de création industrielle de Paris. Quand Arik Levy valorise le bois, le marbre, le métal, le plastique aussi, c’est pour l’émotion qu’ils procurent, et « la matière n’est qu’un véhicule, pas une finalité en soi ». Chaque matière travaille ainsi pour elle-même et en relation avec son environnement.

©ArikLEVY Toolbox_VITRA_2010_07
Variantes de lustre, collection Tuile de Baccarat. © Andrea Martiradonna
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