Anthéa

La scène antiboise fête ses 10 ans

Par Tanja Stojanov

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L’architecture très graphique d’Anthéa, dont la rampe s’élève en spirale © Philip Ducap

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Daniel Benoin, directeur d’Anthéa.

Trop grand ! trop ambitieux ! le projet d’Anthéa a suscité à l’origine les plus vives réactions. Pour autant, force est de constater qu’en neuf saisons, la salle de spectacle a comptabilisé près d’1 million d’entrées et qu’elle fonctionne aujourd’hui à 65 % en recettes propres. Parmi ses spectateurs : 60 % d’habitants de la Communauté d’Agglo mération Sophia Antipolis, et l’on peut s’y rendre aussi très facilement par l’autoroute depuis Cannes et Nice. « D’emblée, nous avons voulu une salle de spectacle ouverte sur les arts vivants », explique le maire d’Antibes Jean Leonetti. Un état d’esprit auquel Daniel Benoin a adhéré : « J’étais encore au Théâtre National de Nice et cela a contribué à l’idée qu’il fallait faire les choses différemment, ne pas être lié à des contraintes comme un Centre d’art dramatique. C’est ainsi que pour la première fois je me suis retrouvé directeur d’un théâtre avec un seul interlocuteur politique et 14 000 abonnés. » Au total, ce sont 260 représentations qui ont lieu chaque année et pour son dixième anniversaire, Anthéa présente des surprises comme la venue du Ballet National de Marseille avec Room with a view le 25 mai. « Le collectif (La) Horde, à la tête du ballet, a changé la manière de voir la danse. Ce spectacle ayant rencontré un énorme succès au Théâtre du Chatelet, nous donnons ici une autre opportunité de le voir », s’enthousiasme Daniel Benoin.

 

Artistes en résidence de création

L’une des spécificités d’Anthéa est que pour s’abonner les spectateurs doivent choisir au moins un spectacle par enveloppe thématique proposée, soit cinq représentations au minimum. « Il est très difficile d’aller voir du Wagner à 70 ans si on ne l’a jamais fait avant et nous nous tournons beaucoup vers les jeunes générations et les publics scolaires. Grâce à ce système d’abonnement, on peut aller voir ce que l’on connaît, se conforter dans ses goûts, mais aussi découvrir autre chose, par exemple une création », poursuit Jean Leonetti. S’il peut y avoir des imperfections dans la primeur, que les spectacles peuvent être parfois un peu verts, Anthéa a la fierté de présenter certaines de ses créations à Paris, à l’image de L’Avare avec Michel Boujenah dans le rôle-titre – joué en 2022 au Théâtre des Variétés – ou du spectacle Il a la cote Devos en hommage à l’humoriste français – repris en 2023 sur la scène du Théâtre Édouard VII. A l’occasion de ce 10e anniversaire, la scène antiboise présente également L’harmonie des Genres de Noémie Lenoir du 6 au 8 juin. Un spectacle créé par l’artiste lors de sa résidence sur place, et qui partira ensuite en tournée.

 

Être populaire sans être médiocre

« Pendant la Covid-19, nous avons souhaité maintenir le lien via des retransmissions gratuites et cela a fait autant plaisir il me semble aux artistes qu’aux spectateurs, poursuit Jean Leonetti. De sorte qu’aujourd’hui nous retrouvons autant d’abonnés qu’avant la pandémie ». Et d’ajouter avec humour : « Je n’ai qu’un seul regret, c’est que la progression du nombre de spectateurs ne pourra plus être aussi importante car je ne vais pas démolir ce théâtre pour en faire un plus grand ». Pour les 10 ans d’Anthéa, deux spectacles gratuits sur réservation sont programmés en juin : la lecture du texte La plus précieuse des marchandises par Olga Grumberg, et une Carte blanche pour un rideau rouge avec Pierre Gagnaire. « Anthéa accueille aussi ceux qui ne sont pas forcément des gens de théâtre, des personnes comme Pierre, qui est mon plus vieil ami et un magnifique cuisinier », ajoute Daniel Benoin. Une décennie célébrée également dans la joie lors de soirées Immersion, avec apéro-vidéo, concert ou spectacle, et un after en terrasse avec DJ/VJ. « J’avais dit que l’on mettrait des panneaux photovoltaïques sur cette terrasse, mais elle est tellement belle que nous allons trouver un espace plus adapté », poursuit Jean Leonetti. Le Théâtre accueillera-t-il également à nouveau des artistes plasticiens contemporains ? « J’en rêve, poursuit le maire d’Antibes, car j’ai toujours pensé qu’il était difficile de pousser la porte d’un théâtre ou d’un musée. Nous avons à notre disposition ce lieu, la médiathèque et le conservatoire pour contribuer à décloisonner les arts et les rendre accessibles. »

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Room with a view met en scène la colère des nouvelles générations.@ aude arago

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Cécile Soulier

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