« La radiologie interventionnelle m’a paru immédiatement porteuse d’avenir »
Il a débuté sa carrière aux premiers temps de la radiologie interventionnelle. À l’Institut Arnault Tzanck, il est la référence pour la prise en charge des pathologies vasculaires.
D’origine grecque et installé à Nice depuis 1970, c’est sur les conseils de son oncle Jean Ampelas, gynécologue obstétricien en Tunisie et qui lui a laissé un grand souvenir, qu’André Rogopoulos a choisi la médecine. « Au départ, je me suis orienté vers la cardiologie, puis en commençant mon internat à l’Hôpital Saint-Roch au sein du Service du Dr Charles Aboulker, j’ai rencontré le Dr Thierry Auberge, qui m’a appris les techniques de traitement des hernies discales lombaires par intervention guidée par l’image », se rappelle le médecin. Une formation qui lui a fait découvrir les ouvertures de la radiologie vasculaire interventionnelle et l’a conduit à passer trois ans auprès du Pr Jean-Jacques Merland à l’hôpital Lariboisière, dans l’un des plus éminents services de France en la matière. « C’était il y a 30 ans, à l’aube de la discipline, et les outils n’étaient pas encore fabriqués de façon industrielle. On pouvait déjà traiter des malformations artério-veineuses et anévrismes intracrâniens par embolisation. L’apport de ces techniques, là où la neurochirurgie était dépourvue de solution thérapeutique, était une réelle révolution médicale et j’ai compris que cela ne pouvait que se développer, que c’était l’avenir ! », se réjouit le médecin radiologue, passionné de piano et en particulier d’œuvres classiques. C’est après avoir croisé la route du Dr Bernard Gauthier, fondateur de la radiologie vasculaire interventionnelle sur l’Institut Arnault Tzanck, qu’André Rogopoulos a rejoint son équipe en 1993.
Les perspectives ouvertes par le micro-cathétérisme
« L’Institut a été l’un des premiers centres régionaux à pratiquer l’angioplastie carotidienne avec stent dans les années 1995, avec introduction d’un cathéter par voie endovasculaire et sous contrôle radiologique. Très tôt, les anévrismes de l’aorte abdominale y ont été pris en charge par simple abord percutané avec mise en place d’endoprothèse aortique, pratique aujourd’hui devenue courante. Plus récemment, nous avons aussi développé l’athérectomie pour les artères occluses des membres inférieurs, technique qui consiste à réduire les plaques d’athérome pour favoriser l’effet du ballonnet et optimiser l’implantation de stents. L’amélioration et la miniaturisation des cathéters en radiologie interventionnelle ont permis d’accéder à des territoires complexes, des artères de petit calibre comme les artères utérines pour le traitement du fibrome utérin chez la femme ou des artères impliquées dans l’adénome prostatique chez l’homme », raconte le spécialiste endovasculaire. Intervenant dans les pathologies athéromateuses, les sténoses et occlusions artérielles des membres supérieurs et inférieurs, il pratique aussi la RI viscérale et périphérique. A l’Institut Tzanck, le binôme initial qu’il constituait avec le Dr Sébastien Novellas, s’est progressivement étoffé et s’inscrit dorénavant dans une équipe de sept radiologues interventionnels qui couvrent les domaines vasculaire, ostéoarticulaire et oncologique au sein d’un service dédié.
Une pathologie veineuse pelvienne fréquente chez la femme après grossesse
Dans le syndrome de congestion pelvienne, marqué par des douleurs anormales aggravées par les grossesses et les rapports sexuels, le dysfonctionnement des valvules des veines ovariennes inverse la circulation sanguine qui ne se fait plus vers les cavités cardiaques mais reflue vers le pelvis. « A un stade avancé, cela peut créer des souffrances des veines vulvaires et des varices des membres inférieurs. Il est désormais courant de corriger ce reflux mais également de prendre en charge les conséquences distales périnéales grâce au micro-cathéterisme. Par extension, certains troubles de l’érection chez l’homme peuvent aussi être dus à une incompétence veineuse et il faut faire en ce cas un bilan complet pour confirmer ce diagnostic. Il y a en fait deux types de dysfonctions érectiles d’origine veineuse : l’une primaire qui concerne l’homme jeune, est due à une malformation du réseau veineux, l’autre acquise, est consécutive à une stase prolongée. L’érection devient plus difficile et peu durable en raison d’une fuite veineuse qui empêche la rétention intra-caverneuse du sang », précise le Dr. L’embolisation de ces fuites pathologiques peut alors réduire ou supprimer la dysérection.
Des collaborations fructueuses avec les confrères
La radiologie vasculaire vient plus récemment enrichir l’offre de soins déjà couverte par la radiologie interventionnelle ostéo-articulaire, comme les infiltrations ou la cimentoplastie. « Par exemple pour le genou ou l’épaule, devant des douleurs résistantes aux thérapeutiques habituelles, l’embolisation de l’excès de circulation sanguine entretenue par l’inflammation permet d’alléger significativement les douleurs », poursuit le médecin. Fort d’une carrière au service d’une radiologie vasculaire interventionnelle ayant permis d’ouvrir de nouvelles voies de guérison ou de proposer une offre de soins moins invasive, il a observé l’évolution de ces techniques : « Ma carrière est une succession d’opportunités, de rencontres marquantes, en particulier avec le Pr René Chapot avec qui nous avions réalisé quelques travaux pendant la période où j’étais en charge de la neuroradiologie vasculaire à l’Hôpital Saint-Roch, sur l’ischémie cérébrale et la thrombectomie dès les années 1995, et avec qui nous sommes toujours en lien. Nous avons bénéficié parallèlement d’un progrès fantastique de nos outils d’imagerie diagnostique et interventionnelle, avancées qui ont considérablement amélioré la préparation et la réalisation de nos interventions. »
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