100 ans de parfumerie à Grasse
Quatrième génération à diriger l’entreprise Fragonard, elles ont développé une vision moderne de la marque de parfums, qui couvre désormais l’univers de la maison et réunit sept musées.
La fleur d’oranger embaume dès l’arrivée à la Villa Fragonard, bâtiment du XIXe dans lequel Eugène Fuchs, arrière-grand-père des sœurs Costa, s’est installé en 1927. En montant dans les étages de l’usine historique, on retrouve Agnès Costa, qui supervise toute la partie création de produits, des eaux de toilette aux bougies parfumées, cosmétiques et textiles. « Le monde de la parfumerie est très joyeux, et petite je m’intéressais aux fleurs et aux odeurs. Quand je suis venue travailler chez Fragonard, j’ai débuté en tant que vendeuse, puis je suis passée par tous les échelons. Personnellement, j’ai eu à cœur de développer l’univers de la marque. Alors comme on peut le voir, je vis Fragonard, de mon parfum et mes vêtements à la décoration de ma maison », dit Agnès en riant. Régulièrement en déplacement dans les locaux de la marque à Paris, elle retrouve l’ambiance de la fabrique familiale à chaque retour sur Grasse. Là, quand elle est dans son bureau, elle n’a qu’une porte à pousser pour rejoindre celui de sa sœur Françoise…
Costumes et flacons à parfum
chinés par Françoise
« Nous prolongeons les valeurs que nous avons reçues de nos parents, et nous espérons que le temps venu, la cinquième génération prendra le relais de l’entreprise familiale, poursuit Françoise Costa, en charge de la finance et des ressources humaines. Notre père était exigeant, visionnaire mais aussi bienveillant ; et maman philosophe, amoureuse de la culture provençale. Le musée de la mode et du costume Fragonard à Arles a ainsi été créé à partir de sa collection. » Femmes d’affaires, très en phase dans leur stratégie d’entreprise, Agnès et Françoise ont accru le nombre de musées de la maison, de Grasse à Paris, sachant que le premier avait été créé par leur père dans les années 1960. La fantaisie, la joie de Françoise aussi : faire vivre les collections et continuer à les enrichir. Aujourd’hui, elles comptent près de 4 000 objets liés aux par-fums et 10 000 pièces au total.
Anne à la tête du laboratoire cosmétique
« La maison a été dirigée par notre arrière-grand-père puis par papa, et on jouait à la vendeuse étant enfants, avec les vendeuses en boutique dans un esprit familial », s’amuse Anne Costa, médecin généraliste spécialiste en pharmacovigilance. Elle a rejoint ses sœurs dans les années 2000, en prenant la direction du laboratoire Fragonard à Eze. Un défi, puisqu’il a fallu créer toutes les procédures de fabrication et mise aux normes des cosmétiques désormais proposés par la marque. Des laits pour le corps et des gels douche dans lesquels on retrouve, comme dans les eaux de toilette, les bases parfumées fabriquées à l’usine de Grasse. Anne a également hérité de la passion pour la peinture de son père. « Papa collectionnait des tableaux du XVIIIe. Pour ma part, j’adore voyager et j’essaie toujours d’aller visiter des monuments grecs, romains, égyptiens ou autres. Je cherche ensuite des tableaux dans lesquels on retrouve ces ruines ; j’ai par exemple le Colisée et le site de Karnak », se réjouit la scientifique. Un trio de femmes donc, pour inscrire Fragonard dans le XXIe siècle.

Lire nos magazines


