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Valerio Adami, Montée à l’Acropole, 1995. Acrylique sur toile./© ADAGP, Paris 2018 |
L’artiste italien, né en 1935, trouve sa place au musée Jean Cocteau, dont les expositions sont dédiées à « présenter les multiples formes de création ».
Valerio Adami, dont le musée Jean Cocteau Collection Séverin Wunderman présente actuellement une large rétrospective, se sent-il une filiation quelconque avec son hôte français ? La réponse est oui, indéniablement. Comme le fut Cocteau toute sa vie durant, Adami, né en Italie en 1935, est un artiste polymorphe – peintre, dessinateur, graveur, cinéaste – qui n’a de cesse de multiplier les passerelles entre les arts. À l’instar de celle qu’il établit très tôt et durablement vers la philosophie et la littérature, au point d’intégrer le Collège international de philosophie, cofondé à Paris en 1983 par Jacques Derrida, au côté duquel il créa également en 1997 la Fondation européenne du dessin. Le sang est certes italien, le cœur bat aussi très fort pour Paris, où l’artiste originaire de Bologne et grand voyageur partage son temps avec la région du lac Majeur. Valerio Adami a beaucoup œuvré pour et sur le territoire français : vitraux de l’hôtel de ville d’Ivry, fresque pour le théâtre du Châtelet, toiles dans la gare d’Austerlitz, etc. Les Ballets de Monte-Carlo lui ont également confié leur rideau de scène en 2011. Cette année, le musée de Menton lui rend un bel hommage.
Un cerne définitif
Selon Jean Cocteau, « la peinture est comme l’écriture » qui « représente » l’artiste intrinsèquement. Adami en est la parfaite illustration. « Son style développé au milieu des années 60 est reconnaissable entre mille, explique le curator de l’exposition. Il s’appuie sur un trait puissant, toujours tracé au pinceau noir, délimitant le contour de chaque élément comme un cerne définitif. Ensuite vient la couleur, sous forme d’aplats à l’acrylique, une couleur très intense et saturée s’appuyant sur une palette volontairement restreinte
[…] et les ombres sont notoirement absentes. » Au final, l’œuvre semble nourrie d’influences académiques tout autant que pétrie de modernité. Un style, donc, qu’on peut admirer à travers une soixantaine de toiles, dont certaines accompagnées de leurs dessins préparatoires, disséminés sur plus de 800 m2 au cœur du musée.
« Ligne(s) de vie », jusqu’au 5 novembre (sauf le mardi)
Menton, 2 quai de Monléon
Tél. 04 89 81 52 50
museecocteaumenton.fr
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