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PARU DANS COTE MARSEILLE PROVENCE

 
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John Malkovich

  • De Vamont à Casanova
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04.2014

À 60 ans, John Malkovich est sans conteste une célébrité bien dans sa peau. Et comme la peau d’un acteur est multiple, le gentleman francophile pousse le jeu jusqu’à s’illustrer dans la mode.



Le texte avant tout

Comédien, scénariste, producteur, réalisateur, reconnu dans le monde pour ses performances d’acteur, John Malkovich est aussi dans le privé un excellent cuisinier, un jardinier consciencieux et un viticulteur concerné. À son palmarès professionnel, on trouve notamment une nomination aux Oscars pour Les Saisons du cœur en 1984 et deux récompenses prestigieuses de théâtre – un Obie Award et un Molière. C’est pourtant un homme discret et aimable qui nous a reçus l’été dernier, par une belle journée, sous la treille du charmant petit château de L’Ange, situé à Goult, dans le département du Vaucluse. Quand on lui demande ce qui compte le plus pour lui dans un film ou dans une pièce de théâtre, « c’est le texte » répond-il avec un sourire réfléchi, un timbre de voix et un accent désarmants.



Valmont, un homme moderne
Bref retour sur carrière. Étudiant, John anime avec des amis le Steppenwolf Theater à Chicago. À 20 ans, en tournée à New York, il se fait remarquer par un réalisateur qui lui propose de travailler avec lui. Depuis, que de chemin parcouru ! Michelangelo Antonioni, Bernardo Bertolucci, Spike Jonze, Raoul Ruiz, Manoel de Oliveira comme compagnons de route, excusez du peu ! Quel rôle l’a le plus intéressé ? Valmont dans Les Liaisons dangereuses, avec Glenn Close, sous la direction de Stephen Frears. « Les personnages de ce roman du XVIIIe siècle sont incroyablement modernes. La passion amoureuse aujourd’hui est restée la même et Chris Hampton en a tiré récemment un scénario superbe que j’ai mis en scène pour le théâtre de l’Atelier. »



Dans la tête de Casanova
Dans la peau de John Malkovich, le drôle de film que lui dédie Spike Jonze en 1999, lui semble un film radical qui fera date dans l’histoire du cinéma. On se souvient tous avec émotion de sa prestation d’époux démoniaque de Nicole Kidman dans Portrait de femme de Jane Campion, adapté de l’œuvre d’Henry James. Travailler avec Woody Allen et Mia Farrow, avec Wim Wenders aux côtés de Sophie Marceau, autant d’expériences cinématographi­ques inoubliables qui ne lui feront cependant jamais se détourner du théâtre, de la scène et du contact direct avec le public. Son intérêt pour l’opéra, faut-il s’en étonner, va grandissant et c’est à une adaptation des mémoires de Casanova qu’il travaillait au moment de notre visite. La proximité du château Lacoste, où séjourna le divin Marquis, et la présence ce jour-là de Pierre Cardin, son actuel propriétaire, était-ce un signe, un clin d’œil ?



Une vie simple en Provence…
Parcours atypique et cohérent que celui de John Malkovich, citoyen américain d’origine croate par son père, écossaise par sa mère. Avec son épouse italienne et ses enfants, il réside d’ailleurs quelques mois chaque année dans le Luberon. C’est le pied-à-terre qu’il a choisi pour fuir le tapage des grandes villes et vivre en toute simplicité une vraie vie de famille. Disponibilité, détente, sourire. Pour autant, ce jour-là, son œil se montrait particulièrement attentif à des va-et-vient, des frémissements qui trahissaient les préparatifs d’une probable garden-party. John Malkovich sait vivre et recevoir.



Technobohemian
Le spectacle est partout, alors la mode pourquoi pas ? Cet été, au château de l’Ange, l’espace habituellement dédié à la broderie a été transformé un mois durant en concept store éphémère. John Malkovich y présentait Technobohemian, sa propre ligne de vêtements masculins. « C’est un terme inédit que j’ai emprunté, avec son accord, à un écrivain italien, nous confie-t-il. Il traduit le cosmopolitisme et la technicité dans quoi nous engage irré­versiblement le IIIe millénaire. » Son style ? Très personnel et loin des tendances de la mode actuelle, avec un côté masculin et romanesque assumé, des matières fluides qui suggèrent un esprit voyageur et un chic décontracté.



Au fil de la mode…
Enfant, John Malkovich pratiquait le dessin avec ferveur, incité par un père qui avait fréquenté une école d’art… À l’université de l’Illinois, son cursus théâtre prévoyait une formation Costumes et, en 2001, il créait déjà une collection pour homme pour une marque italienne… Pas de frontières dans son métier de comédien tout autant que dans celle de la mode. L’élégant apprécie les lins anciens, les tissus d’Afrique du Nord tissés à la main, les étoffes chinoises, etc. « J’ai toujours porté un grand intérêt à la mode. Savoir s’habiller fait partie de l’art du comédien et j’ai une passion pour les textiles, que je collectionne depuis mes 20 ans. » La rue comme une scène, un écran où chacun joue son rôle…

 

 


Bientôt sur les écrans français, John Malkovich a tourné cette année The Giacomo Variations, tiré du spectacle musical de Michael Sturminger, où il campe un Casanova qui se souvient… Dans le film de l’Italien Gabriele Salvatores, Educazione Siberiana, il interprète un grand-père indigne et violent, qui apprend à son petit-fils les « codes »  en vigueur de la mafia ukrainienne qu’il dirige.

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