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PARU DANS COTE MARSEILLE PROVENCE

 
 architecte naval

Espen Oeino

  • À la conquête des mers
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09.2016

Son dernier projet, le Galactica Super Nova, sera dévoilé au Monaco Yacht Show 2016, tandis que ses créations haute couture naviguent sur les eaux du globe, de la Méditerranée au Pacifique. Rencontre avec un yacht designer d’exception.

 

On le croyait inaccessible et overbooké. Et c’est finalement un homme chaleureux et authentique qui nous reçoit, dans ses bureaux situés sur l’avenue Kennedy à Monaco. Le regard rieur et l’allure décontractée, l’architecte naval norvégien revient, dans un français impeccable, sur sa carrière et ses incroyables projets. Stella Maris, Solandge, Kismet, Octopus, Esther III, Silverfast, Dilbar ou encore Ocean Victory... au total, ce ne sont pas moins de 45 super et mega yachts qui ont pris vie sous son trait de crayon. À l’instar du très attendu Galactica Super Nova. Après trois ans de travail, ce véritable palace flottant de 70,07 mètres, la plus grande unité jamais construite par Heesen Yachts, sera dévoilé au Monaco Yacht Show. Grande star de l’édition 2016, ce bateau est l’un des plus rapides au monde. « J’ai beaucoup aimé travailler sur ce projet, car c’est la première fois que je collabore avec Heesen Yachts mais aussi parce que ma femme, Sabrina Monteleone — directrice fondatrice de Sabrina Monte-Carlo — s’est chargée de la décoration. » Depuis l’intérieur, imaginé par le concepteur hollandais Sinot aux nombreux espaces outdoor réalisés sur mesure, le Galactica Super Nova incarne le luxe sur l’eau où chaque détail (vaisselle Hermès, Puiforcat ou encore Christofle, tissus Paola Lenti, literie Pratesi...) a été minutieusement pensé et mis en scène par la décoratrice monégasque.

 

Des créations singulières
Si, aujourd’hui, le talent d’Espen Oeino fait l'unanimité, cela n’a pourtant pas été toujours le cas. « Lorsque le Skat est sorti en 2002, les avis étaient partagés. Certains le trouvaient même très laid. L’idée du propriétaire, un grand mathématicien, était de travailler les plaques d’aluminium et d’acier dans leur état naturel. Le design, très angulaire, était vraiment atypique pour l’époque. Avec le recul, il reste le bateau dont je suis le plus fier, car c’est celui qui a lancé ma carrière. » Le style Oeino ? Quand on l’interroge sur le sujet, Espen lui-même avoue n’en avoir aucune idée. « Il y a peut-être certains traits caractéristiques, mais j’aime penser que tous mes bateaux sont différents. » Et pour cause. Avant chaque création, il s’attache à répondre à un cahier des charges très précis, élaboré selon les besoins et les attentes des propriétaires. « Ce qui me procure le plus de plaisir ? Résoudre le problème de distribution des espaces, en proposant un projet aux proportions agréables et architecturalement intéressant. C’est le cas notamment du Dilbar. Livré en novembre dernier, ce yacht de 156 mètres conçu de façon cubique, est le plus grand au monde en termes de volume. »

 

Vers plus de simplicité
Alors que ces dernières années, la tendance semblait être à la démesure, l’architecte norvégien annonce désormais un retour à la simplicité. « La clientèle, de plus en plus jeune, cherche des bateaux moins prétentieux mais capables de voyager loin et de répondre à des missions spécifiques. » Pour un passionné d’épaves, Espen Oeino avait déjà imaginé en 2002, l’Octopus, un méga yacht de 126 mètres équipé d’un sous-marin de poche et de systèmes de contrôle pour explorer les fonds marins. En totale adéquation avec cette tendance plus lifestyle, il vient de concevoir une unité inédite pour un mordu de glisse. Baptisé Cloudbreak, ce super-yacht ultra-équipé (planning room avec écran tactile, espace after-ski pour le visionnage des caméras go pro, ski room, sauna, hélicoptère, paddle, kayak, VTT...) permet de naviguer dans les endroits les plus reculés du globe. « Pour le passionné de mer et de montagne que je suis, c’est exactement le genre de yacht qui me fait rêver » confie-t-il. Et d’ajouter : « C’est d’ailleurs pour combiner mes deux passions que je me suis installé sur la Côte d’Azur. À dix-huit ans, je suis venu en vacances à Antibes. Un matin, sur la plage de la Salis, j’ai vu la vieille ville avec, en arrière-plan, les mâts des voiliers sur le port Vauban et, au loin, les montagnes enneigées. J’ai tout de suite su que je voulais vivre là. » Ce qu’il fera après avoir décroché son diplôme d’architecture navale et de génie offshore à Glasgow, en intégrant l’équipe du concepteur de voilier Martin Francis à Antibes. Et si, vingt ans plus tard, ses créations sont vénérées par les plus grands amateurs de yachting, Espen a su garder la tête sur les épaules. Avec l’authenticité et la modestie qui le caractérisent, il continue d’aller de succès en succès, sans perdre de son enthousiasme. Et si, finalement, c’était ça, la touche Oeino ?

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