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Patrice Berchery

  • Quand l’œil dévoile la femme

12.2015

Sages ou folles les images ont une histoire que l’œil du photographe ressent et fait naître. Il y entre chez Patrice Berchery du fantasme et du rêve. Ainsi se définit un style, une manière d’être. Les corps de femmes autant que leurs vêtures, leurs ornements, leurs parures entretiennent chez lui un dialogue essentiel, existentiel même, produisant ses looks, ses icônes, mannequins ou modèles qui personnalisent leur féminité, leur animalité, leur tendresse. La beauté toujours interpelle et provoque... Telle que je suis, m’aimeras-tu ?

 

Quand je me remémore mon père m’offrant mon premier Kodak, je pense au Bon Dieu remettant à Pierre les clés du paradis. Un paradis avec ses tentations, ses merveilles, ses fruits défendus, ses mystères. Puis ce sont mes voyages au Moyen-Orient. Ils exaltent en moi l’image de femmes fantasmées, fantasmées parce qu’inapprochables. Je suis alors un jeune Occidental émerveillé au pays de Shéhérazade. Le parfum des harems flotte dans l’air. Les demeures qui se construisent ressemblent aux palais des « Mille et une nuits ». Les bureaux d’architectes me demandent des prises de vue illustrant leurs projets et organisent des expos pour mettre en valeur leurs travaux in situ. C’est comme ça que j’entre dans l’univers professionnel de la photo. L’imaginaire oriental ne m’a, depuis, jamais quitté.

 

Les contrats arrivent tout naturellement. Dans le désordre je peux citer Playboy, Kaporal, La Fée Maraboutée, Didier Parakian, Reiko, Beau Monde Agency, Publicis... Ma vie s’organise autour de voyages, à la recherche de décors inédits pour les reportages ou les shootings. Je choisis aussi de m’installer à Marseille pour sa pluralité culturelle. A la Belle de Mai sur 250 m2, j’y distille aujourd’hui mes images. Elles naissent et se nouent toujours au corps des femmes qui savent être envoûtantes, déroutantes, provocantes ou cocasses. Je les shoote en déesses urbaines parées des attributs de la séduction, de la conquête. Mais ce sont aussi les nymphes des sources, les fées des ruisseaux, les magiciennes des lacs, les gorgones jaillies du sable ou des eaux souterraines. Mes livres, mes expos, mes photos de mode, de pub, de reportage racontent ce désir fou de féminité. Que ce soit au Carré des Halles à Paris, au Dock des Suds à Marseille, à l’Institut International de la Mode, mes expositions se succèdent avec, chaque année jusqu’en 2014, une présence au Festival international de la Photo de Mode à Cannes.

 

1969 : Mon père m’offre mon premier Kodak
1980 : Découverte du Moyen-Orient et de ses femmes fantasmées
1991 : Début de mes premiers contrats Années 2010 : Participation au Festival International de la Photo de Mode de Cannes

 

Par Gérard Martin
Photographie de Marian Adreani

 

Livre récent : « Femmes Eléments avec DavidH aux éditions Place des Victoires
www.patrice-berchery-photographe.com