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Maja Hoffmann

  • [ LUMA, au-delà de l’art contemporain ]

01.2015

1956 : Arrive en Camargue
1977 : Rejoint le CA de la fondation Emmanuel Hoffmann à Bâle et le vit comme un baptême de l’art contemporain
2006 : Fait appel à Frank Gehry et à un core group de consultants pour imaginer et développer un campus culturel sur les anciennes friches de la SNCF *

 

« D’une forme libre et sculpturale inédite, le bâtiment d’acier aux reflets argentés de Frank Gehry, qui animera le campus LUMA Arles dès 2017, sera l’aboutissement d’un rêve courageux : créer un espace doté d’un ensemble de ressources permettant d’encourager un centre de production actif intégré au tissu artistique, intellectuel, écologique, social et économique d’Arles et de la Camargue.

 

L’art dans les gènes
Pour partie, ce projet est le prolongement de l’œuvre de mon père, Luc Hoffmann. Héritier des laboratoires pharmaceutiques Roche, il a préféré, dès le début des années 50, les études de terrain et les oiseaux aux labos. Ornithologue, écologue, philanthrope et cofondateur du WWF International, il est à l’origine de la réserve nationale et du parc naturel régional de Camargue. Son intérêt profond pour l’art hérité de sa mère, grande mécène et collectionneuse bâloise, demeure intact. Son exemple est pour moi une source sans cesse renouvelée d’inspiration. Le campus LUMA Arles permettra à des artistes et des penseurs, qu’ils soient scientifiques ou philosophes, d’œuvrer en étant libérés du poids des impératifs liés aux pratiques et aux structures de la plupart des institutions d’art qui n’ont su, ou pu, tant elles croulent sous le poids des responsabilités et de l’importance de leurs collections, conserver leur flexibilité. J’ai persisté dans l’idée que ce site d’accueil pour la communauté artistique et intellectuelle internationale, espace de travail, de production, de débats, de transmission de la connaissance et de découvertes, devienne également au quotidien un lieu de promenade, d’inspiration et d’échanges plus informels, un lieu vivant implanté localement.

Redéfinir les contours du monde
Mon activité de productrice et ma participation aux conseils d’administration de la Tate Gallery, du Palais de Tokyo, du New Museum of Contemporary Art de New York, mon accompagnement au long cours de la Biennale de Venise ou du Festival international des Rencontres Photo d’Arles m’ont convaincue que l’art contemporain se situe dans une métaréalité où tout est encore possible, qu’il constitue un outil et une plate-forme idéale pour questionner les fondements du monde tel que nous le connaissons et permettre d’en édifier des bases nouvelles. Quant à Arles, rien n’est plus naturel que ce choix. Au-delà de la ville, propice à des échanges paisibles et approfondis, et de la lumière (celle-là même qui attira Vincent van Gogh), au-delà de son riche patrimoine et du site des friches des anciens Ateliers SNCF réactivé depuis une décennie par les festivals estivaux, c’est en Camargue que j’ai ressenti l’infini, que mon regard a mûri, qu’il a appris à voir grand et à demeurer généreux plutôt qu’à s’attarder sur des détails. J’y suis arrivée alors que je n’avais que 15 jours. J’y ai été scolarisée et lui reste profondément attachée. * Ce Campus inclurait tous les acteurs culturels arlésiens (région, ville, Actes Sud, ENSP, Rencontres…).

 


Par Maurice Gouiran