Urbanisme

 
 centre ville
 

Le centre-ville : cap au nord…


10.2015

En attendant les grandes réalisations des quartiers sud programmées à partir de 2016-2017 (Prado-Vélodrome, Bleu Capelette, Tivoli Parc, My Valentine...), l’hypercentre-ville s’arrime aux quais du nord.

 

Depuis l’année Capitale, l’activité marseillaise s’est déplacée vers les quais, de la skyline d’Arenc au fort Saint-Jean. Car le centre écono­mi­que, touristique, culturel et com­mer­cial de la cité phocéenne est bien là : les entreprises sont logées dans les immeubles de grande et de moyenne hauteur, les commerces aux Terrasses, aux Docks, aux Voûtes, la culture au MuCEM, au musée Regards de Provence, à la Villa Méditerranée... Une desserte exemplaire par le métro, le tramway, le chemin de fer ou l’autoroute offre un accès privilégié aux Marseillais des autres quartiers, mais également aux visiteurs régionaux, aux touristes et aux croisiéristes. Le lieu offre des points de vue somptueux sur la mer et les îles. Le passé de la ville se décline du côté du Vieux-Port et son avenir miroite à Arenc qui dresse fièrement ses immeubles ultramodernes, redes­si­­nant la façade maritime. La tour CMA-CGM de Zaha Hadid, le Balthazar de Roland Carta, La Marseillaise de Jean Nouvel et, bientôt, la H99 de Jean-Baptiste Piétri ou l’Horizon d’Yves Lion ne seront-ils pas les phares du déve­loppement écono­mique à venir ? Cela nous ferait presque oublier que le quartier est habité depuis toujours. La rénovation de l’ancien et l’édification de confortables logements nouveaux ont généré une animation continue dans des espaces de communication repensés et aérés. Depuis 2013, les alentours de la Joliette se rénovent et se dévelop­pent constamment. De nouveaux programmes, tels la restructuration de l’ex-siège de la SNCM en hôtel et commerces, y voient le jour. Si l’inévitable J1, amplement célébré en 2013, joue encore un peu les Arlésiennes dans ce paysage de projets tous azimuts, il devra sans doute céder, un jour à l’autre, à l’extraordinaire dynamique du site.

 

Les chiffres du succès

Au-delà des sensations et des visions qualitatives souvent subjectives, ce sont les indicateurs numériques qui
traduisent véritablement la dimen­sion et l’impact de la recomposition de la façade urbano-portuaire de la Joliette. Ce quartier, autrefois délaissé, a retrouvé une activité et une attractivité conquérantes. En termes de surfaces commer­ciales, les Terrasses, les Docks, les Voûtes et Euromed Center offrent res­pec­tivement 61 000 m², 17 000 m², 4 200 m² et 2 000 m² de boutiques, avec des enseignes souvent inédites en France ou typiquement marseillaises. Les espaces de restauration sont nombreux et largement ouverts. Il en existe une trentaine aux Terrasses, une dou­zaine aux Docks, sans oublier ceux d’Euromed Center, des musées, et les points de dégustation des Voûtes. Les nombres de visiteurs relevés la première année confirment le succès de ce nouvel espace. Ainsi, les Terrasses en ont reçu 12 millions (l’objectif est de 15 millions d’ici deux ans) pour un chiffre d’affaires de 280 millions d’euros. Les Terrasses se classent déjà dans le top 10 des centres français les plus fréquentés. 30 % des visites de touristes aux Terrasses étaient couplées avec le quartier du Panier et 53 % avec le MuCEM qui a reçu, pour sa part, 2 millions de visiteurs, dont 650 000 dans les expositions. Les relevés du MuCEM font état de 84 % de résidents français, dont 45 % en PACA. La part des touristes et des croisiéristes devrait sensiblement s’accroître dans les années à venir.

 

Par Maurice Gouiran
Photographies : Dominique Juan